…se trouve entaché d’un défaut (1) touchant l’un de ces deux éléments, voire les deux à la fois ; mais que ces deux conditions soient réunies comme il convient et l’effet devient certain. Ainsi, lorsque le cœur reçoit les incantations avec une adhésion totale, que le thérapeute possède une ambition agissante, une âme opérante, une force sincère, une détermination parfaite, une foi accomplie, un cœur présent et une clairvoyance pénétrante, celles-ci agissent pour écarter le mal.
Se rattache à cela la question des ruqā (incantations) faites au moyen du Coran : elle est permise, et les hadiths […] (2) en témoignent. Quant au hadith : « Les ruqā et les tamā’im (talismans) relèvent du shirk », on lui donne deux réponses.
La première est qu’il a été abrogé. Au début, les ruqā constituaient une présomption d’association ; le jugement fut donc lié à la présomption, puis à la réalité effective, l’intention initiale étant de couper radicalement la racine du shirk. C’est dans le même esprit qu’il fut d’abord interdit de boire dans certains récipients, parce qu’ils pouvaient conduire à l’ivresse, avant que la permission ne soit ensuite accordée.
La seconde, plus évidente, est que le hadith vise uniquement ce qui, en soi, relève du shirk. Aḥmad désapprouvait ainsi le fait de suspendre des tamā’im avant que l’épreuve ne survienne, mais non après (3). Allah est plus savant.