Il a donc interprété l’expression « les Sept Mathânî » et celle de « Coran sublime » comme désignant al-Fâtiha elle-même ; le coordonnant qui les relie relève alors du registre où l’on associe des attributs à d’autres attributs, et non de celui où l’on associe des entités décrites à d’autres entités décrites. On trouve un parallèle dans la parole divine : « Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très-Haut, Lui qui a créé et agencé, qui a décrété et guidé, et qui a fait sortir le pâturage » (sourate al-Aʿlâ 87 : 1-4). De même, ʿÂʾisha et d’autres Compagnons lisaient : « Soyez assidus aux prières, à la prière médiane et à la prière du ʿAṣr ». Certains exégètes soutiennent que l’expression « le Coran sublime » vise le reste du Coran ; ils rangent alors cette tournure dans la catégorie où le particulier est cité avant le général (1), procédé rare, l’usage le plus connu étant plutôt l’inverse, à savoir mentionner le particulier après le général.
Sixième appellation : aṣ-Ṣalât (la Prière). Il est en effet authentiquement rapporté, d’après Abû Hurayra, que le Prophète ﷺ a dit : « Allah – Exalté soit-Il – a déclaré : “J’ai partagé la prière entre Moi et Mon serviteur en deux moitiés ; la première moitié M’appartient, la seconde revient à Mon serviteur, et à Mon serviteur sera accordé ce qu’il demande.” » Ce hadith est rapporté par Muslim (2).
Elle a reçu le nom de « Prière » parce que la ṣalât ne peut s’en passer et n’est valide qu’avec elle ; on l’a donc appelée « Prière », de même que la ṣalât est aussi qualifiée de « Qur’an », comme…