La tathniya (la duplication) désigne ici la simple répétition d’un nombre sans qu’elle soit limitée au chiffre deux, comme dans cette parole du Très-Haut : « Puis reporte ton regard deux fois » (al-Mulk : 4), c’est-à-dire : regard après regard.
Le Coran, sous cet angle, se répartit en deux catégories :
- Celle dont le libellé est réitéré pour un bénéfice renouvelé ; c’est ce que l’on appelle le mutashâbih (les passages semblables).
- Celle dont le contenu est diversifié et classé sans que la formulation ne se répète ; il s’agit des mathânî (les passages redoublés).
Allah a réuni ces deux attributs dans Sa parole : « Allah a fait descendre le plus beau des discours : un Livre à la fois homogène et redoublé » (az-Zumar : 23). Il a ainsi qualifié l’ensemble du Livre de mutashâbih et de mathânî. Cela peut s’entendre de deux manières : soit comme une distinction entre ces deux ensembles – les passages parallèles qui se correspondent et les mathânî qui relèvent de la diversification des thèmes –, soit comme l’indication que Ses versets similaires y sont repris à divers endroits pour des sagesses et des bienfaits sans cesse renouvelés.
Sourate al-Fâtiha […] (1) relève des mathânî selon ces deux interprétations : elle englobe en effet les diverses catégories et sections énumérées […] (2), rappelle l’adoration et la demande d’assistance, mentionne ceux qui ont encouru la colère divine et ceux qui se sont égarés ; elle renferme encore des passages parallèles, et la répétition y est opérée.