al-Ghurar al-Naqiyyah ala al-Durar al-BahiyyahFayçal Al-Moubarak

Paragraphe

  • Il est permis :
    1 – de réduire en esclavage les Arabes (1).
(1) – À propos de l’énoncé : « Il est permis de réduire les Arabes en esclavage ». L’auteur de l’Ifsah rapporte : « Les juristes ont divergé sur la captivité de ceux qui ne possèdent ni Écriture ni même l’ombre d’une Écriture – les adorateurs d’idoles et ceux qui vénèrent ce qu’ils estiment bon. Abou Hanifa juge qu’il est licite d’asservir les non-Arabes (al-‘ajam) parmi les idolâtres, mais non les Arabes. Ach-Chafi‘i et Ahmad, selon l’un des deux avis qui lui sont attribués, l’autorisent aussi bien pour les non-Arabes que pour les Arabes. Mâlik permet leur mise en servitude de façon absolue, sauf pour la tribu de Quraych ; une autre version rapportée d’Ahmad l’interdit sans exception. » Fin de citation. Ibn Rushd écrit également : « Les musulmans sont unanimes pour considérer que, lorsqu’on combat les Gens du Livre – à l’exception des Qurayshites et des chrétiens arabes – deux issues leur sont proposées : soit l’entrée dans l’islam, soit le paiement de la capitation (jizya), conformément au verset : “Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son Messager ont interdit, et qui ne professent pas la religion véridique, parmi les gens du Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la jizya de leurs propres mains en se sentant humiliés.” (Coran 9 : 29). De même, la quasi-totalité des juristes accepte qu’on la prélève sur les mages (majous), en vertu du hadith : “Traitez-les comme les Gens du Livre.” Ils ont divergé, en revanche, quant aux polythéistes autres que les Gens du Livre : peut-on accepter d’eux la jizya ou non ? Certains – Mâlik notamment – estiment qu’on la perçoit de tout polythéiste. D’autres en excluent les polythéistes arabes. Ach-Chafi‘i, Abou Thawr et plusieurs autres soutiennent qu’elle n’est prélevée que sur les Gens du Livre et les mages. La controverse provient de la confrontation entre un texte général et un texte particulier. Le texte général est : “Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fitna et que la religion appartienne entièrement à Allah” (Coran 8 : 39), ainsi que le hadith : “J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a de dieu qu’Allah ; s’ils le font, leur sang et leurs biens sont préservés de moi, sauf pour un droit à acquitter ; leur compte revient à Allah.” Le texte particulier est l’instruction que le Prophète ﷺ donna aux chefs d’expéditions envoyés contre les polythéistes arabes – dont on sait qu’ils n’étaient pas Gens du Livre – : “Lorsque tu rencontres ton ennemi parmi les polythéistes, invite-le à trois propositions…”, parmi lesquelles figure la jizya. Ceux qui estiment que le texte général postérieur abroge le particulier soutiennent que la jizya n’est pas acceptée d’un polythéiste autre que les Gens du Livre, car le verset de la sourate at-Tawba, révélé l’année de la conquête, est postérieur au hadith, antérieur quant à lui, comme l’indique l’appel à l’émigration qu’il contient. Ceux qui considèrent que le texte général se fonde toujours sur le particulier – qu’il lui soit antérieur, postérieur ou que l’ordre chronologique soit inconnu – jugent qu’on peut percevoir la jizya de tous les polythéistes. Quant à la restriction concernant les Gens du Livre par rapport aux autres polythéistes, elle fait l’objet d’un consensus, en vertu du verset déjà cité (Coran 9 : 29). Il ajoute encore : « S’agissant des catégories auprès desquelles il est permis de percevoir la jizya, les savants s’accordent à dire qu’elle peut être exigée des Gens du Livre non arabes et des mages, comme il a été rappelé. Ils ont divergé sur la possibilité de la prendre auprès de ceux qui ne possèdent pas d’Écriture ainsi que des Arabes appartenant aux Gens du Livre, après avoir – selon certains – reconnu d’un commun accord qu’elle n’est pas prélevée sur un Qurayshite, fût-il Gens du Livre. Cette question a déjà été évoquée. » Fin de citation.
فصل - ويجوز: ١ - استرقاقُ العرب (١).
(١) - قوله: (ويجوز استرقاق العرب)، قال في الإفصاح (واختلفوا في استرقاق من لا كتاب له ولا شبهة كتاب كعبدة الأوثان ومن عبَدَ ما استَحسَنَ، فقال أبو حنيفة يجوز استرقاق العجم من عبدة الأوثان دون العرب، وقال الشافعي وأحمد في إحدى الروايتين يجوز ذلك، وسواءٌ في ذلك العجم والعرب، وقال مالك يجوزُ استرقاقُهم على الإطلاق إلا قريشاً خاصَّة، وعن أحمد روايةٌ أخرى لا يجوز على الإطلاق). انتهى. وقال ابن رشد: (اتفق المسلمون على أنَّ المقصود بالمحاربة لأهل الكتاب ما عدا أهل الكتاب من قريش ونصارى العرب هو أحد أمرين: إمَّا الدخول في الإسلام، وإمَّا إعطاء الجزية لقوله تعالى ﴿قَاتِلُوا الَّذِينَ لا يُؤْمِنُونَ بِاللهِ وَلاَ بِالْيَوْمِ الآخِرِ وَلاَ يُحَرِّمُونَ مَا حَرَّمَ اللهُ وَرَسُولُهُ وَلاَ يَدِينُونَ دِينَ الْحَقِّ مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا = = الْكِتَابَ حَتَّى يُعْطُوا الْجِزْيَةَ عَن يَدٍ وَهُمْ صَاغِرُونَ﴾، وكذلك اتفق عامَّة الفقهاء على أخذها من المجوس لقوله ﷺ (سُنُّوا بهم سُنَّةَ أهل الكتاب). واختلفوا فيما سوى أهل الكتاب من المشركين هل تُقبَلُ منهم الجزية أم لا، فقال قومٌ: تؤخذ الجزية من كل مشرك، وبه قال مالك، وقومٌ استثنوا من ذلك مشركي العرب، وقال الشافعي وأبو ثور وجماعةٌ لا تؤخذ إلا من أهل الكتاب والمجوس، والسبب في اختلافهم معارضة العموم للخصوص أمَّا العموم فقوله تعالى ﴿وَقَاتِلُوهُمْ حَتَّى لاَ تَكُونَ فِتْنَةٌ وَيَكُونَ الدِّينُ كُلُّهُ لِلّه﴾، وقوله ﵇: «أمرتُ أن أقاتلَ الناس حتى يقولوا لا إله إلا الله، فإذا قالوها عصموا مني دماءهم وأموالهم إلا بحقِّها وحسابهم على الله»، وأمَّا الخصوص فقوله: [ﷺ] لأمراء السرايا الذين كان يبعثهم إلى مشركي العرب، ومعلومٌ أنَّهم كانوا غير أهل كتاب (وإذا لقيتَ عدوَّك من المشركين فادعُهم إلى ثلاث خصال) فذكَرَ الجزيةَ فيها، فمن رأى أنَّ العموم إذا تأخَّر عن الخصوص فهو ناسخٌ له قال: لا تُقبلُ الجزية من مشرك ما عدا أهل الكتاب، لأنَّ الآية الآمرة بقتالهم على العموم هي متأخِّرة عن ذلك الحديث، وذلك أنَّ الأمر بقتال المشركين عامَّة هو في سورة براءة وذلك عام الفتح، وذلك الحديث إنَّما هو قبل الفتح بدليل دعائِهم فيه للهجرة، ومن رأى أنَّ العموم يبنى على الخصوص - تقدَّمَ أو تأخَّرَ أو جُهِل التقدُّمُ والتأخُّرُ بينهما - قال تُقبلُ الجزيةُ من جميع المشركين، وأمَّا تخصيص أهل الكتاب من سائرِ المشركين فخرج من ذلك العموم باتفاق، بخصوص قوله تعالى ﴿مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ حَتَّى يُعْطُوا الْجِزْيَةَ عَن يَدٍ وَهُمْ صَاغِرُونَ﴾. وقال أيضاً (فأمَّا من يجُوزُ أخذُ الجزيةِ منه، فإنَّ العلماء مجمعون على أنَّه يجوز أخذُها من أهل الكتاب العجم ومن المجوس كما تقَّدَّم، واختلفوا في أخذِها مِمَّن لا كتاب له، وفيمن هو من أهل الكتاب من العرب بعد اتفاقهم فيما حكى بعضهم أنَّها لا تُؤخَذُ من قرشي كتابي وقد تقدَّمت هذه المسألة). انتهى.

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