Je dis : laissons de côté ce que le cheikh a jugé recommandé et tenons-nous-en à ce que le verset nous enjoint de dire : « Telle est la volonté d’Allah ! Il n’est de puissance que par Allah. »
- Chercher refuge auprès d’Allah contre l’envie et le mal des envieux.
On dira donc : « Je cherche refuge auprès d’Allah contre l’envie » ou : « Je cherche refuge auprès d’Allah contre le mauvais œil. » Si je le précise, c’est parce que les Compagnons employaient la formule de demande de protection la plus directe. Ainsi, lorsque le Prophète — paix et bénédictions sur lui — disait : « Cherchez refuge auprès d’Allah contre le châtiment de la tombe », ils répondaient : « Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre le châtiment de la tombe. » Ils n’employaient pas de mots ni de formules grandiloquents et ne recouraient pas à une prose rimée affectée. Ils étaient plus éloignés que quiconque de toute affectation, car leur sincérité les en détournait. Nous demandons à Allah la sincérité et la préservation. La demande de protection contre le mauvais œil est mentionnée dans un hadith remontant au Prophète.
S’il disait : « Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube naissante », ou récitait la sourate, cela lui suffirait et il se serait conformé à l’ordre divin. Allah — Très-Haut soit-Il — dit :
« Dis : “Je cherche protection auprès du Seigneur de l’aube naissante, contre le mal de ce qu’Il a créé, contre le mal de l’obscurité lorsqu’elle s’approfondit, contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds et contre le mal de l’envieux lorsqu’il envie.” » Sourate L’Aube naissante (1-5)
Ibn al-Qayyim — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Puisque la catégorie de l’envieux est plus générale que celle de l’auteur du mauvais œil, chercher refuge contre le premier revient à chercher refuge contre le second. Le mauvais œil est semblable à des flèches qui partent de l’âme de l’envieux et de l’auteur du mauvais œil en direction de celui qu’ils envient ou frappent du mauvais œil : parfois elles l’atteignent, parfois elles le manquent. Si elles le trouvent exposé et dépourvu de protection, elles produisent inévitablement leur effet sur lui. Mais si elles le trouvent sur ses gardes et armé de pied en cap, sans aucune brèche par laquelle elles pourraient pénétrer, elles restent sans effet ; il se peut même que les flèches se retournent contre leur auteur. » Fin de la citation tirée de Zād al-ma‘ād.
Quant à ses propos : « Il se peut même que les flèches se retournent contre leur auteur », aucune preuve ne les étaye. Sache donc qu’Ibn al-Qayyim — qu’Allah lui fasse miséricorde — et les autres savants voient parfois juste et se trompent parfois, savent certaines choses et en ignorent d’autres. Aucun d’eux n’est infaillible. Qu’Allah nous accorde, ainsi qu’à eux, Sa miséricorde et nous réunisse à eux.
Al-Nasafī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Le fait de chercher refuge contre le mal de ces choses après avoir cherché refuge contre le mal de tout ce qu’Il a créé indique que leur mal est plus intense. La sourate s’achève par l’envie afin que l’on sache qu’elle est le pire de ces maux. » (1)
Le cheikh Atiyya Muhammad Sālim — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Allah — Très-Haut soit-Il — a ordonné à Ses serviteurs de chercher refuge contre le mal de tout ce qu’Il a créé, de manière générale, puis contre le mal de l’obscurité lorsqu’elle s’approfondit, contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds et contre le mal de l’envieux lorsqu’il