al-Ayn HaqqMuhammad ibn Abd al-Mu'ti

auprès du Seigneur de l’aube naissante, ainsi que : Dis : Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes — ces deux sourates. » (1)

Hadith d’Abū Saīd al-Khudrī — qu’Allah l’agrée —

Abū Nadra rapporte qu’Abū Saīd al-Khudrī a dit : Le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — cherchait protection contre le mauvais œil des djinns et celui des humains. Lorsque les deux sourates protectrices furent révélées, il s’en tint à elles et délaissa tout le reste. (2)

On rapporte également qu’Abd Allah ibn Masūd — qu’Allah l’agrée — disait : « Le Prophète d’Allah — paix et bénédictions sur lui — réprouvait dix pratiques : l’usage du jaune — c’est-à-dire du khalūq (un parfum safrané) —, la modification des cheveux blancs, le fait de laisser traîner son vêtement inférieur, le port d’une bague en or, l’exhibition de parures hors du cadre permis, le jeu de dés, les soins par récitation sauf au moyen des sourates protectrices, le port d’amulettes, le retrait de la semence vers un autre lieu que le sien — ou, selon les formulations rapportées, ailleurs qu’en son lieu ou hors de son lieu —, et le fait de nuire au nourrisson, sans toutefois le tenir pour illicite. » (3)

Ce récit n’est toutefois pas authentique. Quant aux soins par récitation au moyen d’autres textes que les deux sourates protectrices, ils sont établis par tant de traditions que leur sens commun atteint le degré de transmission massive. On pourrait néanmoins invoquer, à l’appui de cette restriction, le hadith d’Abū Saīd : « Il s’en tint à elles et délaissa tout le reste. » Mais cette dernière formulation est plus juste. En outre, la coordination de toutes ces pratiques dans une même énumération ne signifie pas qu’elles soient soumises au même jugement. Ainsi, si les propos d’Ibn Masūd étaient authentiquement rapportés, leur mention des sourates protectrices devrait être comprise comme suit : la « réprobation » évoquée ne désigne pas, dans son acception technique, une défense de chercher protection au moyen d’autres formules ; elle signifie simplement qu’il les délaissait, comme l’a dit Abū Saīd — qu’Allah l’agrée.

(1) *Hasan li-ghayrihi* (bon grâce à des éléments corroborants) : rapporté par Ibn Sa‘d, al-Nasā’ī (5432) — dont c’est la formulation —, Ahmad (15022–16846), al-Baghawī et al-Bayhaqī, par plusieurs voies, d’après Yahyā ibn Abī Kathīr, d’après Muhammad ibn Ibrāhīm ibn al-Hārith, qui dit : « Abū ‘Abd Allāh m’a rapporté qu’Ibn ‘Ābis… » Cette chaîne de transmission est faible : Muhammad ibn Ibrāhīm a rapporté certains récits de manière isolée, bien qu’il figure parmi les narrateurs d’al-Bukhārī et Muslim. Son maître, Abū ‘Abd Allāh, est *maqbūl* (acceptable) : seul Muhammad a transmis d’après lui, et lui-même n’a transmis que d’après Ibn ‘Ābis — qu’Allah l’agrée. De plus, on ne connaît d’Ibn ‘Ābis que cet unique hadith. Celui-ci possède toutefois des témoignages corroborants qui le renforcent. (2) *Hasan* (bon) : rapporté par al-Tirmidhī, al-Nasā’ī, Ibn Mājah, al-Bayhaqī et al-Diyā’ dans *al-Mukhtāra*, dans le hadith d’Abū Mas‘ūd Sa‘īd ibn Iyās al-Jarīrī, d’après Abū Nadra, avec la même teneur. Al-Tirmidhī a dit : « Bon. » Al-Albānī l’a déclaré authentique dans *Sahīh al-Jāmi‘* (4902). (3) Faible : rapporté par Abū Dāwūd (4222), Ahmad (3594–3765), al-Nasā’ī (5088) et al-Hākim — qui l’a déclaré authentique —, par plusieurs voies, d’après al-Rukayn ibn al-Rabī‘, d’après al-Qāsim ibn Hassān, d’après son oncle ‘Abd al-Rahmān ibn Harmala, d’après ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd. Al-Qāsim et son oncle ‘Abd al-Rahmān ibn Harmala sont tous deux *maqbūl* (acceptables), mais leur fiabilité ne suffit pas pour que leur transmission isolée soit retenue. Abū Dāwūd a d’ailleurs émis une réserve à son sujet en disant : « Les transmetteurs de Bassora sont les seuls à avoir rapporté ce hadith par cette chaîne. Et Allah sait mieux. » Fin de citation.
برب الفلق وقل أعوذ برب الناس هاتين السورتين. (١) حديث أبى سعيد الخدرى رضى الله عنه عن أبي نضرة عن أبى سعيد الخدرى قال: كان رسول الله ﷺ يتعوذمن أعين الجان وأعين الإنس, فلما نزلت المعوذتان أخذ بهما وترك ما سوى ذلك. (٢). بل ورد عن عبد الله بن مسعود رضى الله عنه أنه كان يقول كان نبى الله ﷺ يكره عشر خلال الصفرة يعنى الخلوق وتغيير الشيب وجر الإزار والتختم بالذهب والتبرج بالزينة لغير محلها والضرب بالكعاب والرقى إلا بالمعوذات وعقد التمائم وعزل الماء لغير أو غير محله أو عن محله وفساد الصبي غير محرمه. (٣) لكنه لم يصح والرقى بغير المعوذتين محفوظ يبلغ التواتر بالمعنى وقد يستدل له بحديث أبى سعيد: أخذ بهما وترك ما سوى ذلك. لكن هذا التعبير أصح ولا يعنى عطف هذه الأمور على بعضها أنها متساوية فى الحكم فيحمل كلام ابن مسعود رضى الله عنه لو صح عنه على المعوذات بأن الكراهة ليست هى النهى عن التعوذ بغيرهما يعنى التى فى الإصطلاح وإنما هى بمعنى الترك كما قال أبو سعيد رضى الله عنه.
(١) حسن لغيره: أخرجه ابن سعد والنسائى (٥٤٣٢) واللفظ له وأحمد (١٥٠٢٢ - ١٦٨٤٦) والبغوى والبيهقى من طرق عن يحيى بن أبى كثير عن محمد بن إبراهيم بن الحارث أخبرنى أبو عبد الله أن بن عابس .. وهذا سند ضعيف: محمد بن إبراهيم له أفراد وإن كان من رجال الشيخين وشيخه أبو عبد الله مقبول لم يرو عنه غير محمد ولم يرو هو عن غير ابن عابس رضى الله عنه بل وابن عابس ليس له سوى هذا الحديث الواحد. ولكن له شواهد يعتضد بها. (٢) حسن: أخرجه الترمذى والنسائى وابن ماجه والبيهقى والضياء فى المختارة من حديث أبى مسعود سعيد بن إياس الجريرى عن أبى نضرة به .. وقال الترمذى: حسن. وصححه الألبانى فى صحيح الجامع (٤٩٠٢) (٣) ضعيف: أخرجه أبوداود (٤٢٢٢) وأحمد (٣٥٩٤ - ٣٧٦٥) والنسائى (٥٠٨٨) والحاكم وصححه من طرق عن الركين بن الربيع عن القاسم بن حسان عن عبد الرحمن بن حرملة عن عبد الله بن مسعود .. والقاسم وعمه حرملة مقبولان لا يحتمل تفردهما. وقد غمزه أبوداود فقال: انفرد بإسناد هذا الحديث أهل البصرة والله أعلم. اهـ

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