L’expression « le pan intérieur de son pagne », employée dans le hadith, a suscité une difficulté d’interprétation. Certains ont dit qu’elle désignait le bord du pagne, et d’autres, les parties intimes. Mālik ibn Anas — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Le pan intérieur du pagne est la partie de celui-ci qui se trouve contre le corps. » Iyād a dit : « Dans ce hadith, le pan intérieur du pagne désigne son bord » — il entend par là le hadith relatif à l’évocation avant le sommeil. Quant au hadith de l’homme atteint du mauvais œil, il désigne la partie du corps qui touche le pagne. Selon une autre interprétation, c’est une périphrase désignant le pénis ; selon une autre encore, la hanche. Certains ont soutenu qu’il fallait le comprendre au sens propre et laver le bord du vêtement. La première interprétation est la bonne. Al-Qādī Ibn al-Arabī a déclaré : « Le sens apparent — et le plus solide, voire le sens véritable — est qu’il s’agit de la partie qui touche le corps. » (1)
Ibn al-Qayyim exposa la divergence sans toutefois la trancher. Il dit — qu’Allah lui fasse miséricorde — : « Il est ordonné à celui qui a causé le mauvais œil de laver les plis de son corps, ses extrémités et le pan intérieur de son pagne. Deux avis existent à propos de ce dernier : selon le premier, il s’agit de ses parties intimes ; selon le second, du pan intérieur de son pagne qui touche son corps du côté droit. Puis l’eau est versée à l’improviste sur la tête de la victime, par-derrière. » [Fin de citation.] (2)
L’interprétation la plus vraisemblable est qu’il s’agit du pan du pagne, car le sens apparent des textes indique que le lavage se déroula en présence de plusieurs personnes, comme le montrent la description qui en a été faite et même la constatation de son accomplissement. On lit d’ailleurs dans certaines versions : « Puis un homme verse cette eau sur lui, par-derrière, sur sa tête et son dos… » Il est dès lors peu probable que le « pan intérieur du pagne » désigne la partie du corps qui le touche ou les parties intimes. Cette interprétation est corroborée par ce qu’al-Bukhārī et Muslim ont rapporté d’après Abū Hurayra — qu’Allah l’agrée —, qui relate que le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — a dit : « Lorsque l’un de vous regagne son lit, qu’il époussette sa couche avec le pan intérieur de son pagne… » (3)
Dans l’une des voies du hadith relatif au lavage, dont la chaîne est bonne lorsqu’elle est corroborée, on lit : « Il ordonna à Āmir de laver dans l’eau son visage, les extrémités de ses mains, ses genoux et les extrémités de ses pieds. Puis le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — prit les deux côtés du pagne de Āmir ainsi que son pan intérieur et les plongea dans l’eau. Il versa ensuite le contenu du récipient sur la tête de Sahl et retourna le récipient derrière lui. Sahl fut alors délivré et ne