Ibn Hajar rapporte également l’existence d’un consensus sur la licéité des ruqyas tirées du Livre et de la Sunna, ainsi que de celles formulées en arabe dont le sens est connu. Il énonce à ce propos des conditions qui, elles aussi, demanderaient à être encadrées par d’autres conditions. D’autres conditions s’ajoutent à celles qu’al-Hāfiz Ahmad ibn Hajar a rapportées : avant lui, Shaykh al-Islām Ahmad ibn Taymiyya avait ajouté une condition dans le Majmū al-fatāwā ; son disciple Ibn Qayyim al-Jawziyya en ajouta deux dans Zād al-maād et Ilām al-muwaqqiīn. Elles furent ainsi au nombre de six. Cela me fait douter de la réalité du consensus rapporté. Toutefois, si ce consensus est bien établi, je serai le premier à m’y rallier et je jetterai mon propre avis par-dessus bord. Al-Suyūtī et d’autres suivirent al-Hāfiz sur ce point.
Bien que les conditions qu’ils ont mentionnées soient suffisantes, rares sont les thérapeutes qui y prêtent attention. Il va de soi que nous avons affaire à deux catégories de thérapeutes, qui n’en admettent peut-être pas de troisième.
La première catégorie est celle des thérapeutes parmi les gens de la Sunna. Même ceux d’entre eux qui considèrent comme licites les ruqyas non rapportées dans la Sunna s’en tiennent néanmoins à la Sunna dans leurs traitements. Cela est bien connu à leur sujet, aussi est-il inutile d’en multiplier les exemples.
Quant à la seconde catégorie, elle se compose des charlatans et de leurs imitateurs, dont la plupart sont des sorciers. Les incantations qu’ils répètent comportent de l’associationnisme et une mécréance manifeste ou, à tout le moins, des paroles dont le sens est inconnu. Or, ils sont nombreux. Il n’est de force ni de puissance qu’en Allah ! Il ne fait aucun doute qu’ils sont les seuls à tirer profit de l’affirmation selon laquelle l’expérimentation constitue le principe en matière de ruqyas : elle leur permet de tromper les gens et d’éviter d’être accusés d’être sortis de la religion.
Quant aux gens de la Sunna, la Sunna leur suffit, comme je l’ai dit. Notre religion repose sur l’unicité d’Allah et, pour la cause d’Allah, nos propres vies nous deviennent peu de chose. Par Allah, nous ne recherchons à travers cela que la défense de l’unicité d’Allah et la préservation de la croyance contre toute atteinte. Tirez-en donc une leçon, ô vous qui êtes doués de clairvoyance !