Ibn Hibbān rapporte, dans le récit d’Aïcha — qu’Allah l’agrée —, que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — entra chez elle alors qu’une femme la soignait, ou lui pratiquait une ruqya. Il lui dit : « Soigne-la au moyen du Livre d’Allah. » (1)
Il dit — qu’Allah lui fasse miséricorde — : « Par sa parole : “Soigne-la au moyen du Livre d’Allah”, il voulait dire : soigne-la par ce que le Livre d’Allah autorise. En effet, les gens pratiquaient, durant la période préislamique, des ruqyas comportant des éléments de polythéisme. Par cette parole, il leur interdit donc toute ruqya autre que celles autorisées par le Livre d’Allah, à l’exclusion de celles qui relèvent du polythéisme. » Fin de citation. (2)
Il ne dit toutefois cela qu’en supposant le hadith authentique sous cette forme ; sinon, le récit s’arrête à Abū Bakr.
Al-Bayhaqī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Chapitre de la permission de pratiquer la ruqya tant qu’elle ne comporte aucune forme de polythéisme. » Il cita plusieurs hadiths, dont celui, mentionné précédemment, de Awf ibn Mālik, puis déclara : « Le hadith de Awf a une portée générale concernant les ruqyas, tant qu’elles ne comportent aucun polythéisme. Un récit allant dans le même sens a également été rapporté par Abū Sufyān, d’après Jābir : “Que celui d’entre vous qui peut être utile à son frère le fasse.” Cela montre que toute interdiction rapportée au sujet des ruqyas ou de pratiques analogues concerne uniquement les ruqyas des polythéistes dont la teneur n’est pas connue, car elles peuvent comporter du polythéisme. » Fin de citation. (3)
Abū Ja’far al-Tahāwī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Le hadith de Jābir indique que toute ruqya présentant une utilité est permise, en raison de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — : “Que celui d’entre vous qui peut être utile à son frère le fasse.” » Il dit également : « Il a été rapporté du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — que toutes les ruqyas sont permises, tant qu’elles ne comportent aucun polythéisme. » Puis il cita le hadith de Awf ibn Mālik et ajouta : « Cela indique que toute ruqya exempte de polythéisme n’est pas réprouvée. » Fin de citation. (4)