al-Ayn HaqqMuhammad ibn Abd al-Mu'ti

Ibn Hibbān rapporte, dans le récit d’Aïcha — qu’Allah l’agrée —, que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — entra chez elle alors qu’une femme la soignait, ou lui pratiquait une ruqya. Il lui dit : « Soigne-la au moyen du Livre d’Allah. » (1)

Il dit — qu’Allah lui fasse miséricorde — : « Par sa parole : “Soigne-la au moyen du Livre d’Allah”, il voulait dire : soigne-la par ce que le Livre d’Allah autorise. En effet, les gens pratiquaient, durant la période préislamique, des ruqyas comportant des éléments de polythéisme. Par cette parole, il leur interdit donc toute ruqya autre que celles autorisées par le Livre d’Allah, à l’exclusion de celles qui relèvent du polythéisme. » Fin de citation. (2)

Il ne dit toutefois cela qu’en supposant le hadith authentique sous cette forme ; sinon, le récit s’arrête à Abū Bakr.

Al-Bayhaqī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Chapitre de la permission de pratiquer la ruqya tant qu’elle ne comporte aucune forme de polythéisme. » Il cita plusieurs hadiths, dont celui, mentionné précédemment, de Awf ibn Mālik, puis déclara : « Le hadith de Awf a une portée générale concernant les ruqyas, tant qu’elles ne comportent aucun polythéisme. Un récit allant dans le même sens a également été rapporté par Abū Sufyān, d’après Jābir : “Que celui d’entre vous qui peut être utile à son frère le fasse.” Cela montre que toute interdiction rapportée au sujet des ruqyas ou de pratiques analogues concerne uniquement les ruqyas des polythéistes dont la teneur n’est pas connue, car elles peuvent comporter du polythéisme. » Fin de citation. (3)

Abū Ja’far al-Tahāwī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Le hadith de Jābir indique que toute ruqya présentant une utilité est permise, en raison de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — : “Que celui d’entre vous qui peut être utile à son frère le fasse.” » Il dit également : « Il a été rapporté du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — que toutes les ruqyas sont permises, tant qu’elles ne comportent aucun polythéisme. » Puis il cita le hadith de Awf ibn Mālik et ajouta : « Cela indique que toute ruqya exempte de polythéisme n’est pas réprouvée. » Fin de citation. (4)

(1) Faible sous sa forme *marfū‘* (attribuée au Prophète), mais authentique sous sa forme *mawqūf* (arrêtée à un Compagnon). Ibn Hibbān l’a rapporté dans son *Sahīh* par la voie d’Abū Ahmad al-Zubayrī : « Sufyān nous a rapporté, d’après Yahyā ibn Sa‘īd, d’après ‘Amra, d’après Aïcha », laquelle l’attribue au Prophète. Or, Abū Ahmad commettait de nombreuses erreurs dans les hadiths de Sufyān, comme l’ont indiqué l’imam Ahmad et d’autres. Son erreur apparaît ici clairement : plusieurs transmetteurs ont rapporté ce hadith d’après Yahyā ibn Sa‘īd en l’arrêtant à un Compagnon, sans l’attribuer au Prophète. Parmi eux figure l’imam Mālik, qui le rapporte dans son *Muwatta’* (1756), d’après Yahyā, selon cette même chaîne. En voici les termes : « Abū Bakr al-Siddīq entra chez Aïcha alors qu’elle était souffrante et qu’une femme juive lui pratiquait une *ruqya*. Abū Bakr lui dit : “Pratique-lui une *ruqya* au moyen du Livre d’Allah.” » Au sujet du hadith rapporté par Ibn Hibbān, le cheikh al-Albānī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a déclaré dans *Al-Silsila al-sahīha* (1931) : « Sa chaîne de transmission est authentique. » Je dis quant à moi : la version établie est plutôt celle qui s’arrête à un Compagnon. (2) *Al-Ihsān* (13/464). (3) *Al-Ādāb*, p. 449. (4) *Sharh ma‘ānī al-āthār* (4/326).
وقال ابن حبان فى خبر عائشة رضى الله عنها أن رسول الله ﷺ دخل عليها وامرأة تعالجها أو ترقيها، فقال: عالجيها بكتاب الله. (١) قال ﵀: قوله ﷺ: عالجيها بكتاب الله أراد: عالجيها بما يبيحه كتاب الله؛ لأن القوم كانوا يرقون في الجاهلية بأشياء فيها شرك، فزجرهم بهذه اللفظة عن الرقى إلا بما يبيحه كتاب الله دون ما يكون شركاً. اهـ (٢). وهو يقول هذا على فرض صحة الحديث وإلا فهو موقوف. وقال البيهقى ﵀: باب الرخصة في الرقية ما لم يكن فيها شرك وأورد أحاديث منها حديث عوف بن مالك السالف ثم قال: وحديث عوف عام فى الرقى ما لم يكن فيه شرك، وكذلك روي عن أبي سفيان عن جابر في معناه، وقال: من استطاع منكم أن ينفع أخاه فليفعل وفى ذلك دلالة على أن كل نهى ورد في الرقى أو عما في معناه، فإنما هو فيما لا يعرف من رقى أهل الشرك، فقد يكون شركاً. اهـ (٣) وقال أبو جعفر الطحاوى ﵀: في حديث جابر ما يدل على أن كل رقية يكون فيها منفعة فهي مباحة، لقول النبى ﷺ: من استطاع أن ينفع أخاه فليفعل، وقال: قد روى عن رسول الله ﷺ فى إباحة الرقى كلها، ما لم يكن فيها شرك، ثم أورد حديث عوف بن مالك وقال: دل ذلك على أن كل رقية لا شرك فيها فليست بمكروهة. اهـ (٤)
(١) ضعيف مرفوعا صحيح موقوفا: أخرجه ابن حبان فى صحيحه من طريق أبى أحمد الزبيرى حدثنا سفيان، عن يحيى بن سعيد، عن عمرة عن عائشة ترفعه .. وأبو أحمد كثيرالخطأ في حديث سفيان كما قال الإمام أحمد وغيره. وقد ظهر خطؤه هنا، فروى الحديث جماعة عن يحيى بن سعيد فأوقفوه ولم يرفعوه منهم الإمام مالك في موطئه (١٧٥٦) عن يحيى به. ولفظه: أن أبا بكر الصديق دخل على عائشة وهي تشتكي ويهودية ترقيها فقال أبو بكر أرقيها بكتاب الله. وقال الشيخ الألبانى ﵀ فى السلسلة الصحيحة (١٩٣١) فى حديث ابن حبان: إسناده صحيح. قلت: بل المحفوظ أنه موقوف. (٢) الإحسان (١٣/ ٤٦٤) (٣) الآداب ص (٤٤٩). (٤) شرح معاني الآثار (٤/ ٣٢٦).

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