al-Ayn HaqqMuhammad ibn Abd al-Mu'ti

Telle est la règle que je m’impose dans mes écrits. Il suffit à l’homme de s’en tenir à ce qui lui est parvenu.

Dans mon exposé du traitement de l’envie, je n’ai mentionné ni recettes empiriques ni formules de rappel inventées, pas même ce qui a été rapporté par une chaîne faible ou très faible, à plus forte raison les récits forgés et sans valeur. J’ai choisi de ne citer que ce qui est authentiquement établi du Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — et des prédécesseurs de la communauté — qu’Allah nous réunisse à eux. Puisqu’il existe sur cette question des hadiths authentiques, ils offrent, si Allah le veut, de quoi combler celui qui aspire au bien, une lueur pour qui en a besoin et une juste orientation pour qui cherche à être guidé. Il en va comme l’a dit Sufyān al-Thawrī — qu’Allah lui fasse miséricorde : « Si tu peux éviter même de te gratter la tête sans t’appuyer sur une tradition, fais-le. » (1)

Sa‘īd ibn Jubayr — qu’Allah lui fasse miséricorde — a également dit : « A bien agi celui qui s’en est tenu à ce qui lui est parvenu. » (2)

Quoi qu’il en soit de la question du traitement par le Coran, les ruqyas (formules de protection et de guérison) et les invocations — le principe doit-il en être l’expérimentation, ce qui ouvre une porte extrêmement vaste, ou faut-il s’en tenir à ce qui est transmis, comme pour les autres actes d’adoration et pratiques de la sunna ? —, il ne fait aucun doute que suivre la sunna est infiniment préférable au fait de s’en remettre à des procédés empiriques. En effet, le prophète Muhammad — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — est celui d’entre nous qui possède la plus grande science d’Allah, qui Le connaît le mieux et Le craint le plus. Il n’est aucun bien qu’il ne nous ait indiqué, et la meilleure voie est la sienne — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui.

Je conserve certaines réserves à l’égard de l’expérimentation dans le domaine du traitement. Or, nous avons rapporté que le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — a dit : « Si une chose éveille un doute en toi, délaisse-la. » (3) Si quelqu’un n’accepte pas cela de notre part, qu’il accepte au moins que, parmi les traitements, nous mentionnions ce qui est préférable plutôt que ce qui l’est moins — c’est là l’équité même. Cela, alors même que je n’adopte pas la doctrine des recettes empiriques en matière de traitement par les ruqyas. Quant au recours thérapeutique à ce qui a été éprouvé et dont l’utilité est reconnue

(1) Authentique : rapporté par Abū al-Fadl al-Muqri dans *Dhamm al-kalām wa-ahlihi* (« La condamnation de la théologie spéculative et de ses adeptes »), no 328, éd. Dār Atlas pour l’édition et la diffusion, Riyad. Voici sa formulation : « Il convient à l’homme de ne se gratter la tête qu’en s’appuyant sur une tradition. » Il est également rapporté par al-Khatīb al-Baghdādī dans *al-Jāmi li-akhlāq al-rāwī wa-ādāb al-sāmi*, no 174, et par al-Samānī dans *Adab al-imlā wa-l-istimlā*, 1/109, par plusieurs voies, d’après Ahmad ibn Muhammad ibn Masrūq : « J’ai entendu Muhammad ibn al-Husayn dire : “J’ai entendu Thābit ibn Muhammad dire : ‘J’ai entendu Sufyān al-Thawrī dire…’” » Dans la version d’al-Samānī, « il convient à l’homme » est remplacé par « il incombe à l’homme ». (2) Authentique : rapporté par Muslim, hadith no 220. (3) Bon : rapporté par Ahmad dans *al-Musnad* (21662-21695) et par al-Hākim dans *al-Mustadrak*, par la voie de Yahyā ibn Abī Kathīr, d’après Zayd ibn Sallām, d’après son grand-père Mamtūr, d’après Abū Umāma, qui le rapporte du Prophète. Tous ces transmetteurs figurent parmi les narrateurs de Muslim. Al-Albānī — qu’Allah lui fasse miséricorde — l’a déclaré authentique dans *al-Silsila al-sahīha* (550).
وهذا شرطى فيما أكتب وحسب امرئ أن ينتهى إلى ما سمع. ولم أذكر فى صفة علاج الحسد مجربات ولا أذكار مبتدعات بل ولا ما ورد بسند ضعيف أو شديد الضعف فضلا عن الموضوع الساقط وإنما آثرت أن أورد ما ثبت عن النبى ﷺ وعن سلف الأمة ألحقنا الله بهم وما دام فى المسألة أحاديث صحاح ففيها إن شاء الله لباغى الخير غنية ولمعة للمحتاج ورشد للمسترشد والأمر كما جاء عن سفيان الثورى ﵀ قال: إن استطعت ألا تحك رأسك إلا بأثر فافعل. (١) وقال سعيد بن جبير ﵀: قد أحسن من انتهى إلى ما سمع. (٢) وأيا ما كان الأمر فى مسألة العلاج بالقرءان والرقى والدعوات. هل الأصل فيها التجربة -وهذا باب واسع جدا - أو التوقف شأن بقية العبادات والسنن. فلا ريب أن اتباع السنة أولى بكثير من الخضوع لأمور مجربات ذلك أن النبى محمد ﷺ أعلمنا بالله وأعرفنا به وأتقانا له فما من خير إلا وقد دلّنا عليه وخير الهدى هديه ﷺ. وفى النفس من جهة التجربة فى باب العلاج شئ. وقد روينا عن النبى ﷺ أنه قال "إذا حاك فى نفسك شئ فدعه" (٣) فمن لم يرض منا بهذا فليرض بذكر الفاضل فى العلاج دون المفضول -وهذا عين الإنصاف - على الرغم من أنى لا أتبنى مذهب المجربات فى مسألة العلاج بالرقى وإنما العلاج بما جرب وعرف منفعته
(١) صحيح: أخرجه أبو الفضل المقرئ فى ذم الكلام وأهله (٣٢٨) ط دار أطلس للنشر والتوزيع - الرياض. ولفظه: ينبغي للرجل أن لا يحك رأسه إلا بأثر. والخطيب البغدادي في الجامع لأخلاق الراوي وآداب السامع برقم (١٧٤) والسمعاني في أدب الإملاء والاستملاء (١/ ١٠٩) من طرق عن أحمد بن محمد بن مسروق سمعت محمد بن الحسين يقول سمعت ثابت بن محمد يقول سمعت سفيان الثورى يقول .. ولفظ السمعانى: يجب على الرجل. (٢) صحيح: أخرجه مسلم. ح (٢٢٠). (٣) حسن: أخرجه أحمد فى المسند (٢١٦٦٢ - ٢١٦٩٥) والحاكم فى المستدرك. من طريق يحيى بن أبى كثير عن زيد بن سلام عن جده ممطور عن أبى أمامة يرفعه .. وهؤلاء رجال مسلم وصححه الألبانى ﵀ فى السلسة الصحيحة (٥٥٠)

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