Telle est la règle que je m’impose dans mes écrits. Il suffit à l’homme de s’en tenir à ce qui lui est parvenu.
Dans mon exposé du traitement de l’envie, je n’ai mentionné ni recettes empiriques ni formules de rappel inventées, pas même ce qui a été rapporté par une chaîne faible ou très faible, à plus forte raison les récits forgés et sans valeur. J’ai choisi de ne citer que ce qui est authentiquement établi du Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — et des prédécesseurs de la communauté — qu’Allah nous réunisse à eux. Puisqu’il existe sur cette question des hadiths authentiques, ils offrent, si Allah le veut, de quoi combler celui qui aspire au bien, une lueur pour qui en a besoin et une juste orientation pour qui cherche à être guidé. Il en va comme l’a dit Sufyān al-Thawrī — qu’Allah lui fasse miséricorde : « Si tu peux éviter même de te gratter la tête sans t’appuyer sur une tradition, fais-le. » (1)
Sa‘īd ibn Jubayr — qu’Allah lui fasse miséricorde — a également dit : « A bien agi celui qui s’en est tenu à ce qui lui est parvenu. » (2)
Quoi qu’il en soit de la question du traitement par le Coran, les ruqyas (formules de protection et de guérison) et les invocations — le principe doit-il en être l’expérimentation, ce qui ouvre une porte extrêmement vaste, ou faut-il s’en tenir à ce qui est transmis, comme pour les autres actes d’adoration et pratiques de la sunna ? —, il ne fait aucun doute que suivre la sunna est infiniment préférable au fait de s’en remettre à des procédés empiriques. En effet, le prophète Muhammad — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — est celui d’entre nous qui possède la plus grande science d’Allah, qui Le connaît le mieux et Le craint le plus. Il n’est aucun bien qu’il ne nous ait indiqué, et la meilleure voie est la sienne — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui.
Je conserve certaines réserves à l’égard de l’expérimentation dans le domaine du traitement. Or, nous avons rapporté que le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — a dit : « Si une chose éveille un doute en toi, délaisse-la. » (3) Si quelqu’un n’accepte pas cela de notre part, qu’il accepte au moins que, parmi les traitements, nous mentionnions ce qui est préférable plutôt que ce qui l’est moins — c’est là l’équité même. Cela, alors même que je n’adopte pas la doctrine des recettes empiriques en matière de traitement par les ruqyas. Quant au recours thérapeutique à ce qui a été éprouvé et dont l’utilité est reconnue