Ils disent aussi : « On a essayé ceci, et cela s’est révélé efficace. » En vérité, nous ne leur concédons pas cet argument fondé sur l’expérimentation. Il y a en effet une différence considérable entre une guérison qui survient au moment de la ruqya et une guérison causée par celle-ci. Allah Très-Haut n’accordait-Il pas leur subsistance aux polythéistes et ne leur envoyait-Il pas la pluie, alors qu’ils prétendaient que cela résultait de leurs invocations adressées à leurs idoles ? Toute comparaison gardée, bien entendu, entre les polythéistes et les praticiens.
Voilà un point auquel peu de gens prêtent attention. Un autre problème est la propagation du mensonge parmi les praticiens ignorants, notamment ceux qui font de la ruqya un métier et en tirent leurs revenus — bien qu’il soit permis de recevoir une rémunération pour une ruqya ; je vise ici ceux qui en font profession. À défaut d’être un mensonge explicite, leurs propos relèvent de la tromperie, de l’amplification et de l’exagération des faits. Si les résultats de leurs expériences et les bienfaits qu’ils présentent au public étaient réellement tels qu’ils les décrivent, nous en constaterions le retentissement et les effets. Mais l’amère réalité les dément.
Al-Saffārīnī a dit : « L’imam Ibn Aqīl rapporte dans al-Funūn qu’al-Ma'mūn — l’homme à la lance bénie — a déclaré : “Si l’alchimie était une réalité, nous n’aurions pas besoin des recettes fiscales ; si les talismans étaient efficaces, nous n’aurions besoin ni de troupes ni de gardes ; et si l’astrologie était exacte, nous n’aurions pas besoin du service des courriers.” » Fin de citation. (1)
Alors que les praticiens abondent, nombreuses sont également les personnes touchées par la possession, la sorcellerie ou le mauvais œil. Le mensonge s’est répandu dans les deux groupes. À Allah appartient le commandement, avant comme après. En outre, l’entourage proche de ces praticiens se compose le plus souvent de personnes qui n’appartiennent pas aux gens de la Sunna, et je mets en doute leur probité et leur rigueur. Nombre de ceux qui prétendent être victimes de jalousie souffrent d’obsessions, et beaucoup de personnes possédées mentent au sujet des djinns ! Si je ne craignais d’être trop long, je citerais des exemples et des récits réels, comme le font les praticiens qui écrivent des ouvrages sur le sujet.
La ruqya pratiquée sur un musulman par un Juif ou un chrétien
On voit beaucoup de gens du commun se rendre auprès des rabbins et des moines pour leur demander de leur pratiquer une ruqya, alors qu’ils ignorent totalement la croyance authentique et toutes les questions qui s’y rapportent. Il ne leur est d’aucune utilité, en pareil cas, de leur exposer la divergence des savants. Il convient plutôt de donner au profane une fatwa fondée sur l’avis prépondérant, sans lui exposer les divergences, car il ne les comprend pas. La Sunna consiste à s’adresser aux gens en des termes qu’ils peuvent comprendre.