Je vais l’illustrer par quelques exemples.
Écrire au safran sur une feuille, faire tremper celle-ci dans l’eau, puis faire boire cette eau au malade, alors même qu’aucune preuve authentique de cette pratique ne remonte au Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui. Quelle sagesse y a-t-il donc à choisir précisément le safran comme encre ?
Le traitement par le regard : l’un d’eux récite sur le malade — qu’il soit possédé, ensorcelé ou victime du mauvais œil — tout en le fixant dans les yeux. Il prolonge ce regard jusqu’à ce que le malade guérisse, que la personne possédée reprenne ses esprits et que le djinn s’enfuie. Et il recourt à cette méthode même avec les femmes !! Ne vous étonnez surtout pas qu’il dise : « Je l’ai essayée et elle s’est révélée efficace ! »
Écrire des versets du Coran et des formules de ruqya sur le corps ! Tantôt ils écrivent sur le dos, tantôt sur la jambe, tantôt sur le visage ! Ils le font également avec les femmes : ils écrivent sur leur dos, leur ventre, leur poitrine et sous leur nombril !! Cela révèle l’absence de dignité et de pudeur chez le thérapeute, comme chez le proche parent ou le mari de la femme. Bien plus, cela témoigne d’un faible attachement à la religion, d’un mauvais caractère et de la corruption des âmes — qu’Allah nous en préserve. Même en admettant que nous déclarions cela catégoriquement interdit, serait-il pour autant permis d’écrire sur le dos d’un homme ou d’un garçon ?
Fixer un nombre déterminé pour la récitation de versets précis : par exemple, tel verset doit être récité sept fois, tel autre quatorze fois et tel autre mille fois. Certains disent encore : « Récitez-lui la ruqya trois fois par jour pendant un mois ! » Ils ont oublié de préciser si cela devait se faire avant ou après les repas !!
Certains écrivent des versets du Coran sur du papier ou du tissu, puis les brûlent afin que le malade en respire l’odeur ! Voilà qui s’harmonise avec les médicaments à boire, même si cette harmonie n’existe pas au regard de la législation islamique. Il ne leur reste plus qu’à en fabriquer des injections intramusculaires et intraveineuses, un médicament à instiller dans le nez et un collyre contre le mauvais œil, bien entendu.
Ce qu’ils appellent la « récitation suggestive » consiste en ceci : le praticien de la ruqya saisit l’une des veines du poignet de la personne atteinte, puis récite et lui dit : « Pendant ma récitation, cite les noms de ceux qui te viennent à l’esprit. » Celle-ci lui donne alors quelques noms de personnes qu’elle connaît, et le praticien affirme : « Ce sont eux qui t’ont atteint du mauvais œil ou d’un autre mal. »