Ibn al-Qayyim écrit dans Zād al-maʿād : « La namla consiste en des ulcérations qui apparaissent sur les deux flancs. C’est une affection bien connue. Elle fut appelée ainsi parce que celui qui en souffre ressent à cet endroit comme une fourmi qui se déplacerait sur lui et le mordrait. »
Muslim rapporte d’après Jābir ibn Abd Allah al-Ansārī — qu’Allah l’agrée — : « Le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — autorisa les Banū Amr à pratiquer la ruqya contre les morsures de serpent. »
Quant aux arguments en faveur de l’obligation de s’en tenir, en matière de traitement, à ce qui est rapporté dans le Livre et la Sunna, sans aller au-delà des textes, en voici quelques-uns :
• La Sunna a exposé la manière de pratiquer les ruqyas. Or, le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — a dit : « Quiconque se détourne de ma Sunna n’est pas des miens. » Hadith rapporté par al-Bukhārī et Muslim. Quelle raison y a-t-il donc d’en dépasser le cadre, de s’en détourner et d’essayer autre chose ? Je veux dire que, pour traiter le mauvais œil, près d’une dizaine de procédés nous ont été transmis, voire davantage. Pourquoi les délaisser et courir après des procédés empiriques ? Pourquoi ne pas commencer par les éprouver, eux ? Assurément, celui qui en essaie d’autres les ignore. Or, celui qui ignore la Sunna peut-il se poser en juge à son égard ? Tel est le premier argument.
• Deuxième argument : le traitement par les ruqyas fait partie de ce que le Livre a prescrit, puisqu’il ordonne de recourir au Coran comme remède, et cette prescription peut être comprise dans un sens général. Les Compagnons — qu’Allah les agrée — ont d’ailleurs qualifié la Fātiha de ruqya. Les ruqyas sont recommandées et s’apparentent davantage aux invocations régulières, telles que celles du coucher et du réveil, de la sortie et de l’entrée dans la maison, de l’entrée à la mosquée et de la sortie de celle-ci, ainsi que les invocations du matin et du soir, entre autres. Or, dans tout ce qui est de cette nature, le principe consiste à s’en tenir à ce qui a été transmis : il n’est pas permis d’y ajouter quoi que ce soit à ce qui est établi. Le fait que les ruqyas comportent également une dimension relevant des moyens ordinaires ne les exclut pas de ce principe. Ainsi, les ablutions sont un acte d’adoration qui comporte lui aussi une dimension ordinaire, à savoir la propreté ; il n’est pourtant pas permis d’y faire des ajouts. À celui qui s’essuie le cou pendant les ablutions ou répète les lavages plus de trois fois, nous disons : « Cela est une innovation religieuse. Tiens-t’en à ce qui a été rapporté et ne va pas au-delà. »
• Troisième argument : ouvrir la voie à ce qui n’a pas été rapporté est impossible à encadrer et risque de laisser s’introduire ce qui est interdit ainsi que ce qui