al-Ayn HaqqMuhammad ibn Abd al-Mu'ti

en voyage et fit halte auprès d’une tribu arabe. Les Compagnons demandèrent l’hospitalité à ses membres, mais ceux-ci refusèrent de les accueillir. Or, le chef de la tribu fut piqué. Ils tentèrent tous les remèdes, mais rien ne lui fut utile. Certains dirent alors : “Si vous alliez voir ce groupe qui vient de faire halte ? Peut-être l’un d’eux possède-t-il quelque remède.” Ils vinrent donc les trouver et leur dirent : “Ô gens ! Notre chef a été piqué. Nous avons essayé tous les remèdes, mais rien ne lui a été utile. L’un de vous aurait-il quelque remède ?” L’un des Compagnons répondit : “Certes, par Allah, je pratique la ruqya. Mais, par Allah, nous vous avons demandé l’hospitalité et vous avez refusé de nous accueillir. Je ne pratiquerai donc aucune ruqya pour vous tant que vous ne nous aurez pas fixé une rétribution.” Ils convinrent alors de leur donner un troupeau de moutons. Le Compagnon se mit à cracher légèrement sur le malade tout en récitant : “Louange à Allah, Seigneur des mondes.” Celui-ci fut aussitôt comme libéré de ses liens : il se leva et se mit à marcher sans plus souffrir d’aucun mal. Le narrateur poursuivit : Ils leur remirent intégralement la rétribution convenue. Certains Compagnons dirent : “Partagez-la.” Mais celui qui avait pratiqué la ruqya leur répondit : “Ne le faites pas avant que nous ne soyons allés trouver le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — pour lui raconter ce qui s’est passé et voir ce qu’il nous ordonnera.” Ils se rendirent donc auprès du Messager d’Allah — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — et lui rapportèrent l’événement. Il demanda : “Comment as-tu su qu’elle pouvait servir de ruqya ?” Puis il ajouta : “Vous avez bien agi. Partagez le troupeau et attribuez-m’en une part avec vous.” Le Messager d’Allah — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — se mit alors à rire. » Hadith rapporté par al-Bukhārī et Muslim, selon la version d’al-Bukhārī.

On rapporte également d’Abū Bakr ibn Sulaymān ibn Abī Hathma qu’al-Shifā bint Abd Allah, qui était sa grand-mère, dit : « Le Messager d’Allah — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — entra chez nous alors que j’étais assise auprès de Hafsa bint Umar. Il me dit : “Qu’est-ce qui t’empêche d’enseigner à celle-ci la ruqya contre l’affection cutanée appelée namla, comme tu lui as enseigné l’écriture ?” » (1)

(1) *Sahīh li-ghayrihi* (authentique grâce à des éléments corroborants). Ce hadith a été rapporté par Abū Dāwūd (3887), Ahmad (26555), al-Nasāī dans *al-Sunan al-Kubrā*, ainsi qu’Ibn Abī Shayba, par plusieurs voies, d’après Abd al-Azīz ibn Umar, qui dit : « Sālih ibn Kaysān m’a rapporté, d’après Abū Bakr ibn Sulaymān… » Cette chaîne est bonne à titre de corroboration. Abd al-Azīz ibn Umar est en effet un transmetteur véridique qui commet des erreurs ; il compte parmi les transmetteurs retenus par al-Bukhārī et Muslim. Ibn Hibbān le mentionne dans *al-Thiqāt* (Les transmetteurs dignes de confiance) et dit : « Il commet des erreurs. Ses hadiths sont pris en considération lorsque les transmetteurs situés après lui dans la chaîne sont dignes de confiance. » Al-Khattābī rapporte par ailleurs qu’Ahmad ibn Hanbal a dit : « Il ne compte pas parmi les hommes doués d’une mémorisation et d’une précision rigoureuses. » Fin de citation. Cependant, Ibn Abī Shayba rapporte également d’Ibn Ulayya, d’après Muhammad ibn al-Munkadir, d’après Abū Bakr ibn Sulaymān ibn Abī Hathma, que le Messager d’Allah — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — dit à une femme de condition libre, al-Shifā bint Abd Allah : « Enseigne à Hafsa ta *ruqya*. » Abū Bishr — c’est-à-dire Ismāīl ibn Ulayya — dit : « Je demandai alors à Muhammad : “Quelle était sa *ruqya* ?” Il répondit : “La *ruqya* contre l’affection cutanée appelée *namla*.” » Cette chaîne est authentique, mais elle paraît, à première vue, être *mursal* (interrompue au niveau du Compagnon), car Abū Bakr n’assista pas à cet événement. Il faut toutefois comprendre qu’il en avait entendu le récit de sa grand-mère. Ibn Abī Shayba rapporte encore de Yahyā ibn Ādam : « Sufyān nous a rapporté, d’après Āmir, d’après Yūsuf ibn Abd Allah ibn al-Hārith, d’après Anas, qui dit : “Le Messager d’Allah — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — autorisa la *ruqya* contre la *namla*.” » C’est ainsi que le texte figure dans l’original. La leçon correcte est peut-être : « Sufyān, d’après Āsim, d’après Yūsuf » ; Āsim étant al-Ahwal. Cette chaîne est authentique selon les critères de Muslim. J’ignore toutefois de quel Sufyān il s’agit : soit al-Thawrī, soit Ibn Uyayna ; tous deux sont des *hāfiz* (grands mémorisateurs du hadith).
فى سفرة سافروها حتى نزلوا على حي من أحياء العرب فاستضافوهم فأبوا أن يضيفوهم فلدغ سيد ذلك الحى فسعوا له بكل شئ لا ينفعه شئ، فقال بعضهم لو أتيتم هؤلاء الرهط الذين نزلوا لعله أن يكون عند بعضهم شئ فأتوهم فقالوا يا أيها الرهط إن سيدنا لدغ وسعينا له بكل شئ لا ينفعه فهل عند أحد منكم من شئ، فقال بعضهم نعم والله إني لأرقي ولكن والله لقد استضفناكم فلم تضيفونا فما أنا براق لكم حتى تجعلوا لنا جعلا فصالحوهم على قطيع من الغنم فانطلق يتفل عليه ويقرأ ﴿الحمد لله رب العالمين﴾ فكأنما نشط من عقال فانطلق يمشي وما به قلبة قال: فأوفوهم جعلهم الذي صالحوهم عليه، فقال بعضهم اقسموا، فقال الذى رقى لا تفعلوا حتى نأتي النبي ﷺ فنذكر له الذي كان فننظر ما يأمرنا فقدموا على رسول الله ﷺ فذكروا له، فقال وما يدريك أنها رقية، ثم قال قد أصبتم اقسموا واضربوا لى معكم سهما فضحك رسول الله ﷺ متفق عليه واللفظ للبخارى وعَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ سُلَيْمَانَ بْنِ أَبِي حَثُمَّةَ، أَنَّ الشِّفَاءَ ابْنَةَ عَبْدِ اللهِ وهى جدته قَالَتْ: دَخَلَ عَلَيْنَا رَسُولُ اللهِ ﷺ وَأَنَا قَاعِدَةٌ عِنْدَ حَفْصَةَ بِنْتِ عُمَرَ فَقَالَ: مَا يَمْنَعُكِ أَنْ تُعَلِّمِي هَذِهِ رُقْيَةَ النَّمْلَةِ كَمَا عَلَّمْتِيهَا الْكِتَابَةَ. (١)
(١) صحيح لغيره: أخرجه أبوداود (٣٨٨٧) وأحمد (٢٦٥٥٥) والنسائى فى الكبرى وابن أبى شيبة من طرق عن عَبْد الْعَزِيزِ بْن عُمَرَ قَالَ حَدَّثَنِي صَالِحُ بْنُ كَيْسَانَ عَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ سُلَيْمَانَ ... وهذا سند جيد فى الشواهد فعَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ عُمَرَ صدوق يخطئ من رجال الشيخين ذكره ابن حبان فى " الثقات " وقال: يخطئ، يعتبر حديثه إذا كان دونه ثقات وحكى الخطابى عن أحمد بن حنبل، قال: ليس هو من أهل الحفظ والإتقان. اهـ لكن أخرج ابن أبى شيبة عن ابْن عُلَيَّةَ، عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ الْمُنْكَدِرِ، عَنْ أَبِى بَكْرِ بْنِ سُلَيْمَانَ بْنِ أَبِى حَثُمَّةَ، أَنَّ رَسُولَ اللهِ ﷺ، قَالَ لِحُرَّةِ: الشِّفَاءِ بِنْتِ عَبْدِ اللهِ: عَلِّمِى حَفْصَةَ رُقْيَتَكِ، قَالَ أَبُو بِشْر يَعْنِي إسْمَاعِيلَ ابْنَ عُلَيَّةَ: فَقُلْتُ لِمُحَمَّدٍ: مَا رُقْيَتُهَا؟ قَالَ: رُقْيَةُ النَّمْلَةِ. وهذا سند صحيح ظاهره الإرسال فأبو بكر لم يشهد القصة لكنه محمول على سماعها من جدته. ثم أخرج ابن أبى شيبة أيضا عن يَحْيَى بْن آدَمَ، قَالَ: حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنْ عَامِرٍ، عَنْ يُوسُفَ بْنِ عَبْدِ اللهِ بْنِ الْحَارِثِ، عَنْ أَنَسٍ، قَالَ: رَخَّصَ رَسُولُ اللهِ ﷺ فِى الرُّقْيَةِ مِنْ النَّمْلَةِ .. كذا وقع فى الأصل ولعل الصواب سفيان عن عاصم عن يوسف وعاصم هو الأحول وهذا سند صحيح على شرط مسلم ولا أدرى من هو سفيان إما الثورى وإما ابن عيينة وكلاهما حافظ.

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