De qui l’envie peut-elle émaner ?
L’envie émane aussi bien des êtres humains que des djinns. Nous ne connaissons aucun autre ordre de créatures dont elle puisse émaner. Quant à celle des êtres humains, elle est attestée par les passages du Coran déjà mentionnés et par les hadiths qui viendront plus loin. Comme nous l’avons indiqué, l’envie émane des âmes mauvaises, tandis que le mauvais œil peut même venir d’un homme vertueux. Le fait le plus surprenant que j’aie relevé à ce sujet est qu’un prophète — paix sur lui — admira les siens et les atteignit du mauvais œil. Cela n’est certes pas explicitement formulé dans le texte. J’ai toutefois lu qu’un savant interprétait ainsi ce hadith, mais je ne l’ai consigné ni en mémoire ni par écrit, et je ne dispose pas de son ouvrage pour en citer le passage. Je ne rapporte donc que le sens d’une chose que j’ai lue. Quant au hadith, j’en ai retenu les termes exacts. Suhayb — qu’Allah l’agrée — rapporte :
« Lors de la bataille de Hunayn, le Messager d’Allah — paix et salut d’Allah sur lui — remuait les lèvres après la prière de l’aube, ce que nous ne l’avions jamais vu faire auparavant. Nous lui demandâmes : “Ô Messager d’Allah, nous te voyons faire une chose que tu ne faisais pas auparavant. Que prononces-tu donc en remuant ainsi les lèvres ?”
Il répondit : “Un prophète ayant vécu avant vous fut impressionné par le grand nombre de sa communauté et déclara : ‘Rien ne pourra venir à bout de ces gens-là.’ Allah lui révéla alors : ‘Invite ta communauté à choisir l’une de ces trois épreuves : soit Nous donnons pouvoir sur eux à un ennemi étranger qui les ravagera sans merci, soit la famine, soit Nous envoyons sur eux la mort.’ Il les consulta. Ils répondirent : ‘Nous ne sommes pas de taille à affronter l’ennemi et nous ne saurions endurer la famine. Nous choisissons donc la mort.’ Allah envoya alors la mort sur eux et, en trois jours, soixante-dix mille d’entre eux moururent.”
Le Messager d’Allah — paix et salut d’Allah sur lui — ajouta, après avoir vu leur grand nombre : “Quant à moi, je dis à présent : ‘Ô Allah ! C’est par Toi que je manœuvre, par Toi que je charge et par Toi que je combats.’” Une autre version rapporte : “Ô Allah ! C’est par Toi que je combats et par Toi que je charge. Il n’est de force ni de puissance qu’en Allah.” (1) »