Le statut de celui qui cause la mort par son mauvais œil
Il est authentiquement rapporté dans le hadith que le mauvais œil fait entrer l’homme dans la tombe et le chameau dans la marmite, comme indiqué précédemment. Les règles applicables au meurtrier s’étendent-elles donc à celui qui cause la mort par son mauvais œil ?
Nous répondons, avec l’aide d’Allah : aucun texte explicite de la Loi révélée n’assimile celui qui cause la mort par son mauvais œil à celui qui tue de sa propre main. Une telle désignation est également inconnue des linguistes : la personne qui lance le mauvais œil n’est pas appelée « meurtrier », même si elle provoque ainsi la mort. Dès lors qu’il est établi que la jalousie est un péché, la faute réelle de celui qui cause la mort réside dans sa jalousie, non dans l’homicide. L’assimiler à celui qui tue de sa propre main constituerait donc une analogie entre deux cas dissemblables, dépourvue de critère juridique rigoureux ; les règles juridiques propres à l’homicide ne sauraient lui être appliquées.
Les textes ne se prononcent donc pas ici sur l’application du talion. Il ne convient pas non plus d’assimiler ce cas à un homicide involontaire et de lui imposer, de ce fait, le prix du sang. L’autorité compétente peut toutefois lui infliger la peine discrétionnaire qu’elle juge appropriée, telle qu’une sanction pécuniaire ou son isolement du reste de la population afin de prévenir sa nuisance. Cela signifie qu’il peut être confiné chez lui, tout en bénéficiant des moyens nécessaires à sa subsistance, surtout s’il est notoirement connu pour cela. Et Allah sait mieux.
Il lui incombe de craindre Allah le Très-Haut et de ne pas regarder celui qu’il redoute d’atteindre de son mauvais œil. Il doit également invoquer la bénédiction divine en sa faveur, car il connaît mieux que quiconque son propre état. Allah le Très-Haut dit : « Quiconque tue intentionnellement un croyant aura pour rétribution l’Enfer, où il demeurera éternellement. Allah est courroucé contre lui, l’a maudit et lui a préparé un immense châtiment. » Les Femmes (93)
Que celui qui se sait sujet à la jalousie prenne donc garde de tuer par son mauvais œil ou de tomber sous la menace qu’Allah le Très-Haut adresse au meurtrier dans ce verset. Quant à l’acceptation du repentir de l’auteur d’un homicide volontaire, deux positions sont rapportées d’Ibn Abbas — qu’Allah les agrée tous deux. Toutefois, l’avis qui lui dénie la possibilité du repentir est le moins probant ; l’avis prépondérant est que celui qui se repent peut espérer qu’Allah agrée son repentir.
Il est authentiquement rapporté qu’Ibn Umar — qu’Allah les agrée tous deux — a dit : Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — a dit : « Le musulman bénéficie encore d’une certaine latitude dans sa religion tant qu’il ne verse pas un sang dont l’effusion est interdite. » (1)
Il est également rapporté de lui — qu’Allah l’agrée —, dans une parole attribuée à Ibn Umar lui-même : « Parmi les situations périlleuses dont ne peut s’extirper celui qui s’y est lui-même engagé