Les symptômes de l’envie
Ces symptômes reposent sur l’observation des faits et ne sont pas mentionnés dans les traditions, hormis ce qui est rapporté dans le hadith de Sahl ibn Hunayf : il fut terrassé sur place, ou saisi d’une crise sur place, puis tomba inconscient. Il en va de même du hadith d’Asmā’, selon lequel le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — vit que les enfants de Ja‘far ibn Abī Tālib avaient le corps décharné, c’est-à-dire amaigri. Il est également rapporté qu’il vit sur le visage d’une jeune fille une marque sombre, faite de noirceur et de pâleur. Certains hadiths indiquent aussi que l’envie peut entraîner la mort de celui qui en est victime, qu’il s’agisse d’un être humain ou d’un animal.
Ibn Abd al-Barr rapporte — et al-Qurtubī le cite d’après lui dans son Tafsīr — qu’al-Asma‘ī a dit : « J’ai vu un homme dont le mauvais œil était redouté. Il entendit une vache que l’on trayait et fut séduit par le bruit du jet de son lait. Il demanda : “Laquelle est-ce ?” On lui répondit : “C’est telle vache”, en lui en désignant une autre afin de détourner son attention de la première. Toutes deux périrent : celle qui avait servi de leurre et celle que l’on avait cherché à dissimuler. »
Cela montre que le mauvais œil peut nuire sous quelque forme que survienne le dommage, sans qu’il soit possible d’en fixer précisément les modalités. Toutefois, comme je l’ai dit, ces symptômes sont connus à travers les propos des savants, les faits observés et l’expérience de ceux qui pratiquent les soins et côtoient les gens. Ils ne se manifestent pas nécessairement tous à la fois, mais seulement pour partie. Il convient également de vérifier qu’ils n’étaient pas auparavant habituels chez la personne que l’on soupçonne d’être victime d’envie, ou qu’ils sont apparus soudainement et de manière manifeste, sans cause naturelle connue telle que les soucis, le surmenage, la fatigue due au travail ou quelque chose de semblable.
Les symptômes sont les suivants : jaunissement et pâleur du visage, maux de tête, sensation de fièvre, élévation de la température corporelle et transpiration abondante, particulièrement dans le dos ; douleurs intenses dans les membres, parfois accompagnées de frissons et de tremblements ; bâillements persistants, anormaux et particulièrement visibles.
Dans les cas graves, la personne peut se mettre à pleurer ou verser des larmes sans raison apparente. Peuvent également survenir des crises convulsives, des évanouissements, des étirements musculaires — ce que l’on appelle communément le fait de s’étirer —, une sensation générale de torpeur, une incapacité à travailler, ainsi que des ecchymoses bleuâtres ou verdâtres en différents endroits du corps, sans cause médicale. Le mauvais œil peut en outre s’accompagner, chez la personne qui en est victime, de repli sur soi, d’isolement et d’une inadaptation psychologique ou sociale pouvant la conduire à délaisser certaines de ses activités et certains de ses centres d’intérêt.