Préambule sur la méthode de recherche
Louange à Allah pour Sa grâce, Ses bienfaits et la beauté de Sa bonté, d’une louange digne de la majesté de Son Visage et de l’immensité de Son autorité. Que les prières et le salut d’Allah soient sur Muhammad et sa famille. Cela étant :
Voici la méthode de recherche que j’expose en substance au lecteur : j’énonce d’abord l’intitulé, puis je le définis de manière à en dissiper l’obscurité. Je présente ensuite les preuves tirées du Coran ou de la Sunna, un récit transmis des pieux prédécesseurs, ou encore une explication rationnelle de son sens. Ce dernier procédé demeure rare.
J’ai constaté qu’un certain nombre d’auteurs œuvrant dans le domaine des traitements — si toutefois cette expression est appropriée — admettent, à en juger par l’abondance de leurs écrits, la possibilité d’un ijtihād partiel ; en cela, ils se rangent à l’avis de la majorité. Cependant, ils s’opposent à celle-ci en invoquant comme preuves des hadiths faibles ou inventés ou, à tout le moins, en les rapportant sans en discerner le caractère fallacieux.
J’en ai ainsi vu beaucoup rapporter des récits et des anecdotes du même acabit que la bête étouffée, assommée, morte d’une chute ou encornée, ainsi que d’autres choses auxquelles ne saurait se fier quiconque a humé, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, le parfum du savoir. Que d’auteurs compilent à l’aveugle, tels ceux qui ramassent du bois dans la nuit, et emportent tout comme un torrent : ils ne distinguent pas l’authentique du faible et prennent toute chose ronde pour une miche de pain ! (1)
À mes yeux, seule cette dure maxime peut les décrire : « La mère endeuillée n’est pas comme la pleureuse à gages. » Si la question leur tenait réellement à cœur, ils se seraient donné la peine de rechercher, de sélectionner et d’examiner les récits de manière critique.
C’est pourquoi je me suis employé à rassembler les différentes voies de transmission des hadiths relatifs au mauvais œil, à l’envie et à l’émulation louable, ainsi que, plus largement, de tout hadith se rapportant à la question. Je les ai soumis à un examen critique scientifique, conformément aux principes de la discipline du hadith et suivant la méthode des spécialistes du hadith des premières générations, puis j’ai distingué ce qui était fallacieux de ce qui était authentique. Je me suis parfois longuement étendu sur certains de ces points — ceux, je veux dire, qui sont au cœur même du sujet. Et cela, malgré le petit nombre de sources, mon éloignement des demeures des gens de science et les préoccupations