sur al-Jawhara ainsi que le Matn d’al-Dardīr, et vous saurez avec certitude pourquoi la victoire tarde à nous venir !
Ils versent dans l’excès lorsqu’ils réfutent les innovateurs, au point de s’écarter eux-mêmes de la vérité. On peut même dire que leurs doctrines sont le produit de réactions et de tentatives visant à concilier les différentes doctrines innovées ! Je ne prolongerai pas cet exposé en multipliant les exemples : ce qui précède suffit.
Les acharites n’affirment que sept attributs d’Allah le Très-Haut, sous prétexte que la raison les démontre. Ils les reconnaissent donc parce qu’ils seraient rationnellement établis. Quant aux autres, puisque la raison ne les démontrerait pas, il faudrait les interpréter figurativement. Ils n’établissent ainsi aucun attribut sur la base du Livre ou de la Sunna. Les attributs qu’ils affirment sont l’ouïe, la vue, la parole, la vie, la science, la puissance et la volonté. Ils nient tous les autres attributs mentionnés dans les quatre-vingt-dix-neuf plus beaux noms ! Ils nient notamment les attributs du Visage, des deux Mains, de l’Œil, de la descente, de la venue, de l’établissement, de l’élévation et du fait d’être au-dessus, entre autres.
Voilà donc une partie de ce que soutiennent ces gens. Or, il existe ici une vérité majeure que de grands savants acharites ont eux-mêmes attestée, tels al-Juwaynī, Ibn Abī al-Maālī, al-Rāzī, al-Ghazālī et d’autres : ils ont publiquement reconnu leur perplexité, leur repentir et leur retour à la doctrine des pieux prédécesseurs. Même des ouvrages acharites partisans, comme Tabaqāt al-Shāfiiyya, l’ont rapporté — intégralement ou en partie — dans leurs notices biographiques. Qu’est-ce que cela indique ? S’ils professaient dès l’origine la croyance d’ahl al-sunna wa-l-jamāa, de quoi sont-ils donc revenus ? Pourquoi en sont-ils revenus ? Et à quelle croyance sont-ils revenus ? (1)