à leurs yeux. Voir l’ouvrage Allah de Saīd Hawwā ainsi que les écrits d’al-Bāqillānī. Al-Hāfiz Ibn Hajar leur a répondu sur ce point dans al-Fath.
Les acharites nient que l’un quelconque des actes d’Allah le Très-Haut ait une cause comportant une sagesse. Ils n’ont donc pas affirmé la sagesse au nombre des sept attributs et se sont contentés d’affirmer la volonté. À leurs yeux, Allah ne serait ainsi pas Sage — gloire à Lui, le Très-Haut ! C’est pourquoi ils considèrent qu’Il peut imposer à l’être humain ce qu’il est incapable d’accomplir. Ils soutiennent également qu’Allah pourrait vouer éternellement à l’Enfer le plus sincère de Ses alliés, et vouer éternellement au Paradis le plus dépravé des mécréants.
Ils tiennent, au sujet des missions prophétiques, de l’impeccabilité des prophètes et de leurs miracles, des propos contraires à la croyance des pieux prédécesseurs, mais je ne m’étendrai pas sur ce point.
En matière de foi, les acharites sont des murjites jahmites. L’auteur d’al-Jawhara a dit :
« La foi se définit par l’assentiment intérieur…
Sa profession verbale fait, en vérité, l’objet d’une divergence. »
Cela signifie que la foi se réduit au seul assentiment intérieur. Ils ont divergé quant à la prononciation des deux attestations. Dans La simplification des croyances, le cheikh Hasan Ayyūb a privilégié l’avis selon lequel celui qui croit intérieurement est sauvé auprès d’Allah, même s’il ne prononce pas les deux attestations ; al-Būtī a lui aussi penché vers cet avis. Ainsi, selon eux, Abū Tālib serait musulman et compterait parmi les gens du Paradis ; peut-être en irait-il de même d’Iblīs, de Pharaon et de tous les autres mécréants qui ont intérieurement reconnu la vérité, sans parole ni acte !
Les acharites ne soutiennent pas que le Coran est la parole incréée d’Allah. Ils disent plutôt que la parole d’Allah est un sens éternel et sempiternel, subsistant dans l’Essence divine, sans lettres ni sons, et qui ne peut être qualifié ni de déclaratif ni de performatif.
Ils invoquent à l’appui ces vers du chrétien al-Akhtal :
« La parole réside assurément dans le cœur ;
la langue n’a été faite que pour en être l’indice. »
Gloire à Allah, l’Immense ! Comment peuvent-ils rejeter les hadiths authentiques, tantôt sous prétexte qu’ils contredisent la raison, tantôt sous prétexte qu’il s’agit de récits isolés dont on ne saurait tirer une croyance, puis invoquer un tel propos comme preuve !
Ce qui est étonnant, c’est que les contemporains l’affirment explicitement, alors que le commentateur d’al-Jawhara avait voulu le dissimuler en disant : « On ne doit pas dire que le Coran est créé, sauf dans le cadre de l’enseignement. » Consultez le commentaire d’al-Bājūrī