J’ai également tenu ici à mettre en garde contre la doctrine égarée des acharites, car ils font croire aux gens qu’ils sont, eux, les gens de la Sunna. Or, dans les livres enseignés aujourd’hui à al-Azhar, en Égypte, on lit que la voie des gens de la Sunna serait un mélange de celles des acharites et des maturidites. Ils se trompent donc sur ce point. Il est d’ailleurs rare de trouver un homme qui défende des innovateurs en religion sans qu’il ne recèle quelque mal et ne dissimule quelque mauvaise intention — qu’Allah nous en préserve.
Je précise également qu’ici, le terme « mensonge » relève d’un défaut d’exactitude, non d’un défaut de probité morale. Il faut y être attentif, car cela ne constitue pas une mise en cause de la probité, comme le savent les gens de science, surtout si l’auteur n’a pas étudié la doctrine avec suffisamment de rigueur. Il n’y a alors aucun mal à dire qu’il a « menti », au sens où il s’est trompé. Mais s’il vise délibérément le faux et la tromperie, et y appelle, c’est le signe d’une hypocrisie et d’une passion présentes dans le cœur — qu’Allah nous en préserve. Si l’auteur de tels propos ne sait pas ce qu’il dit, c’est un malheur, et il ne lui appartenait pas de parler. Mais s’il le sait, puis ment et use de dissimulation, le malheur est plus grand encore. Nous demandons à Allah le pardon et la préservation.
Les acharites ne sont en réalité qu’une secte égarée, tout comme les maturidites. Je ne laisserai donc pas passer cette occasion sans attirer l’attention sur leurs innovations et leurs croyances, et sans examiner s’ils s’accordent en cela avec les gens de la Sunna ou non. Une chose en appelle une autre, comme je l’ai déjà indiqué. Nous demandons à Allah une science bénéfique et de nous affermir dans Sa religion et dans la Sunna de Son Prophète, car les cœurs sont entre deux doigts du Tout Miséricordieux, qui les retourne comme Il veut.
Les acharites ont voulu concilier les jabrites et les qadarites ; ils ont donc élaboré la théorie de l’acquisition. Al-Rāzī, qui fut lui-même incapable de la comprendre, a dit : « L’être humain est contraint sous l’apparence d’un être doué de choix. » Fin de citation.
Leur doctrine sur la causalité et les actes des créatures, comme dans la question de l’envie qui nous occupe.
Chez les gens de la Sunna et du Groupe, l’unicité divine est connue selon ses trois catégories : l’unicité de la seigneurie, l’unicité dans l’adoration et l’unicité des noms et attributs. Elle constitue, selon eux, le premier devoir de toute personne religieusement responsable. Quant aux acharites, anciens comme contemporains, l’unicité divine consiste pour eux à nier la dualité ou la multiplicité, ainsi que le partitionnement, la composition et la divisibilité, c’est-à-dire, selon leur expression, à « nier la quantité continue et la quantité discontinue ». À partir de cette conception, ils ont défini la divinité comme étant « le Créateur » ou « Celui qui est capable de donner l’existence ». Ils ont aussi nié certains attributs, tels que le visage, la main et l’œil, au motif qu’ils impliqueraient la composition et l’existence de parties