dix mille passages. Ce n’est pas là une exagération de notre part, mais une réalité qu’attestent suffisamment les sens, la raison et les dispositions innées. Voilà pourquoi l’un des savants a dit : “Certains se sont mis à nier les causes et ont ainsi fait rire les hommes de raison de leur piètre raisonnement. Ils s’imaginaient défendre par là l’unicité divine, ressemblant ainsi aux négateurs des attributs, qui ont nié les attributs du Seigneur, Ses qualités parfaites, Son élévation au-dessus de Ses créatures, Son élévation au-dessus de Son Trône, Sa parole transmise dans Ses Livres et le fait qu’Il S’adresse à Ses anges et à Ses serviteurs. Eux aussi s’imaginaient ainsi défendre l’unicité divine, mais ils n’ont fait que démentir Allah et Ses Messagers, déclarer Allah exempt de toute perfection et Le décrire par les attributs de l’inexistant et de l’impossible.
Le même reproche vaut pour quiconque prétend préserver la transcendance d’Allah concernant Ses actes en refusant absolument qu’un acte puisse subsister en Lui. Il s’imagine ainsi défendre l’apparition du monde dans le temps, c’est-à-dire le fait qu’il fut créé après n’avoir pas existé, alors même qu’il a nié en bloc le principe de l’acte et de la création.
L’une des plus graves atteintes portées aux Lois révélées, aux prophéties et à l’unicité divine consiste ensuite à faire croire aux gens que celle-ci ne peut être parfaite qu’à condition de nier les causes ! Lorsque les hommes doués de raison constatent qu’il serait impossible d’établir l’unicité du Seigneur — gloire à Lui — sans abolir les causes, ils en viennent à concevoir une mauvaise opinion de cette unicité et de celui qui l’a apportée. Or tu ne trouveras aucun livre qui affirme les causes plus fortement que le Coran.
Quelle chose étonnante ! Allah est le Créateur de la cause comme de l’effet, et c’est Lui qui a fait de telle chose la cause de telle autre. Les causes et leurs effets sont entièrement soumis à Sa volonté et à Sa puissance, et assujettis à Son décret. S’Il veut abolir la causalité d’une chose, Il l’abolit, comme Il empêcha le feu de brûler Son ami intime Abraham, et l’eau de noyer Moïse, celui à qui Il parla, ainsi que son peuple. S’Il le veut, Il oppose à ces causes des obstacles qui les empêchent de produire leurs effets, bien que leurs forces demeurent. Et s’Il le veut, Il les laisse produire les effets qu’elles impliquent. Gloire à Lui, Il accomplit aussi bien ceci que cela ou cela. En quoi l’une de ces possibilités porterait-elle atteinte à l’unicité divine ? Et comment pourrait-il en résulter une quelconque forme d’associationnisme ?
Mais lorsque les esprits faibles entendent dire que le feu ne brûle pas, que l’eau ne noie pas, que le pain ne rassasie pas, que l’épée ne coupe pas, qu’aucune de ces choses n’exerce le moindre effet, qu’elle n’est pas la cause de l’effet en question et ne possède aucune force, mais que le Créateur, qui agit selon Son libre choix, veut simplement que chacun de ces effets se produise lorsque telle chose entre en contact avec telle autre, ils décrètent que telle est l’unicité divine et que cela revient à reconnaître que le Seigneur seul crée et produit les effets. Celui qui tient ces propos ne sait pas qu’il nourrit ainsi une mauvaise opinion de l’unicité divine et fournit aux ennemis des Messagers des armes contre ce que ceux-ci ont apporté. Tu le constates clairement dans leurs livres, par lesquels ils détournent les gens de la foi.” » Fin de citation. (1)