en nier catégoriquement la réalité. Et Allah sait mieux. (1)
Le cheikh Muhammad Mutawallī al-Sha‘rāwī — qu’Allah lui fasse miséricorde — fut interrogé : « Quels sont donc les éléments par lesquels le mauvais œil produit son effet ? » Il répondit : « Il y en a deux : une force naturelle présente chez l’envieux et un élément volontaire, qui consiste à souhaiter nuire. On demande : “Pourquoi Allah a-t-Il fait cela ?” Je réponds : “Et pourquoi notre Seigneur accorde-t-Il à certaines personnes des forces matérielles leur permettant de tyranniser autrui ?” Telle est l’épreuve et telle est la mise à l’épreuve. Or Allah Très-Haut nous a enseigné à chercher refuge auprès de Lui contre ce mal : celui-ci comporte donc nécessairement nuisance et mal, que nous en comprenions ou non la réalité. » (2)
Je dis : cela s’explique par le fait qu’Allah Très-Haut a déposé dans les choses des propriétés qui ne les quittent que par Sa permission. Il leur a associé des causes et des effets : quiconque met en œuvre une cause en voit découler les conséquences. Cela relève des lois qu’Allah Très-Haut a établies dans l’univers. Il a ainsi placé dans le feu la propriété de brûler, dans l’eau celles de la fluidité et de l’écoulement, dans la terre celle de l’attraction, dans l’aimant celle d’attirer le fer, et dans les yeux de certaines de Ses créatures, parmi les djinns et les hommes, la faculté de produire le mauvais œil. Il a également déposé dans les créatures d’autres propriétés, telle la transmission d’un état par sympathie naturelle, entre autres. Tout cela est créé par Allah Très-Haut : Allah est le Créateur des choses, de leurs causes et de leurs effets ; Il est le Créateur des serviteurs comme de leurs actes. Al-Bukhārī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a d’ailleurs consacré un ouvrage à La Création des actes des serviteurs. Je n’ai abordé cette question que pour réfuter les acharites ; une chose en appelle une autre.
Je vais développer quelque peu cette question. Ce que j’ai exposé est la position de l’ensemble des savants, et nul ne s’y est opposé, hormis les acharites. Ceux-ci nient qu’une chose puisse exercer un effet sur une autre et soutiennent que