contre le mauvais œil ? Et que signifient wa-shayyiq et wa-fī mālihi yalīq ?
Quant à ses paroles : « J’ai renvoyé le mauvais œil de cet homme contre lui-même et contre la personne qui lui est la plus proche », quelle faute cette dernière a-t-elle donc commise ? Allah le Très-Haut dit : « Chaque âme ne commet le mal qu’à son propre détriment, et nul ne portera le fardeau d’un autre. » Sourate al-Anām (164). Il dit également : « Nul ne portera le fardeau d’un autre, et l’homme n’obtiendra que le fruit de ses efforts. » Sourate al-Najm (38-39).
Le verset est ici invoqué hors du contexte pour lequel il a été révélé et sans aucune pertinence. Le regard mentionné dans le verset n’est pas celui de l’homme qui jette le mauvais œil, contrairement à ce que laisse entendre cette argumentation.
À supposer que « celui qui retient » soit un djinn, et que ces paroles constituent une invocation qui lui est adressée ainsi qu’un appel à son secours en dehors d’Allah le Très-Haut, il s’agit alors d’associationnisme — qu’Allah nous en préserve.
Il n’existe au monde aucune ruqya qui inflige pareille chose à l’envieux. Tout ce que peuvent produire les ruqyas bénéfiques, c’est qu’Allah le Très-Haut guérisse la personne atteinte par le mauvais œil ou enviée, sans causer de tort à l’auteur du mauvais œil ! Une fois cela compris, le but recherché par l’invention de ce récit t’apparaîtra clairement. Que de formules de rappel innovées auxquelles les faussaires attribuent des vertus, une rétribution et une récompense telles qu’on n’en attribue ni à la parole d’Allah le Très-Haut ni à celle de Son Messager — sur lui la paix et le salut ! À Allah appartient le commandement, avant comme après.
Une telle argumentation fondée sur ce récit pris dans son ensemble ne peut procéder que du laxisme et de l’ignorance des principes fondamentaux. N’hésite donc pas à la réfuter, même si celui qui rapporte ce récit passe pour être un homme de science. En effet, les propos de chacun peuvent être acceptés ou rejetés, à l’exception de ceux du Prophète — sur lui la paix et le salut. Quant à celui qui recherche la guidée dans la sunna, Allah le Très-Haut lui suffira face à ce qui le préoccupe et mettra de l’ordre dans toutes ses affaires.
- Hadith de Hābis al-Tamīmī, qu’Allah l’agrée.
D’après Hayya ibn Hābis al-Tamīmī, son père lui rapporta qu’il avait entendu le Messager d’Allah — sur lui la paix et le salut — dire : « Les superstitions attachées à la hāma — un oiseau tenu pour funeste — sont sans fondement, le mauvais œil est une réalité, et le plus véridique des présages est le bon augure. » (1)