Et les règles qui s’y rapportent demeureront en vigueur aussi longtemps qu’Allah le Très-Haut le voudra.
Par cette étude, je n’ai pas cherché à établir la réalité même de l’envie, car, comme on l’a dit :
« Plus rien ne saurait être tenu pour vrai par les esprits,
si le plein jour lui-même a besoin d’une preuve. »
J’ai seulement voulu exposer les règles relatives à cette question qui pourraient échapper à certaines personnes, afin que le musulman connaisse sa religion avec clairvoyance, en cette époque où celle-ci redevient étrangère, loin de tout récit fabuleux, de toute innovation nouvellement introduite et de toute forme de polythéisme venant entacher la croyance, alors que les uns se sont égarés et que les autres ont sombré dans l’insouciance.
Je tiens ici à signaler que certains, parmi les gens du commun, vont trop loin en attribuant nombre d’événements à l’envie. D’autres estiment, au contraire, que quiconque attribue tout cela à l’envie souffre d’une forme d’obsession ou d’un trouble analogue. La vérité se situe entre ces deux positions. Certains empruntent, pour se soigner, les voies des innovateurs, des devins et des tenants du polythéisme et de l’apostasie — qu’Allah nous en préserve, nous et nos familles ! D’autres encore nient que les atteintes dues à l’envie puissent être traitées par la ruqya et considèrent tout cela comme du charlatanisme. Cette opinion est répandue parmi les matérialistes et ceux qui se prétendent rationalistes. Ces deux attitudes constituent deux extrêmes opposés, et la vérité les contredit l’une comme l’autre.
Peut-être exposerai-je, dans ce modeste traité, la croyance des gens de la Sunna et la voie de la vérité concernant la réalité de l’envie et l’effet du mauvais œil sur la personne enviée ; la manière dont le musulman peut s’en prémunir et en préserver sa famille, ses biens et son ami ; ainsi que la façon de se soigner conformément à la voie et à la Sunna, loin des pratiques empiriques, des inventions, des recettes d’herboristes et des tromperies des charlatans, sans même devoir consulter un praticien de la ruqya ou un thérapeute. Je réunirai également les propos des savants qui se trouvent dispersés dans leurs ouvrages. Comme l’a dit Muhammad ibn Sīrīn — qu’Allah lui fasse miséricorde : « Le savoir a disparu ; il n’en subsiste que des fragments épars dans divers réceptacles. » Al-Dhahabī rapporte cette parole de lui dans son remarquable ouvrage, Siyar a‘lām al-nubalā’.
Si la place le permet, j’indiquerai également, parmi les hadiths, les récits et les anecdotes, ceux qui ne sont pas établis alors que le commun les tient pour avérés. J’attirerai l’attention sur ceux-ci, ainsi que sur les innovations et les pratiques nouvellement introduites qui se rattachent à cette question — autant d’éléments que vous ne trouverez pas