al-Ayn HaqqMuhammad ibn Abd al-Mu'ti

Aïcha — qu’Allah l’agrée — ordonnait également à l’auteur du mauvais œil d’accomplir ses ablutions, puis de laver la personne qui en avait été atteinte. (1)

Ibn Abī Shayba a dit : Ghundar nous rapporta, d’après Shuba, d’après Mughīra, d’après Ibrāhīm al-Nakhaī, qui a dit : « La famille d’al-Aswad possédait une formule de ruqya qu’elle employait, durant la période préislamique, contre les morsures et piqûres venimeuses. Al-Aswad la soumit donc à Aïcha, qui leur ordonna de l’employer. » Il ajouta : « Aïcha a dit : “Il n’y a de ruqya que contre le mauvais œil ou une morsure ou piqûre venimeuse.” » (2)

  • Hadith de Jābir — qu’Allah l’agrée.

Jābir ibn Abd Allah al-Ansārī — qu’Allah les agrée tous deux — rapporte : « Le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — autorisa la famille de Hazm à pratiquer la ruqya contre les morsures de serpent. Il demanda à Asmā bint Umays : “Pourquoi vois-je mes neveux si chétifs ? Souffrent-ils de privations ?” Elle répondit : “Non, mais le mauvais œil les atteint rapidement.” Il lui dit : “Pratique sur eux une ruqya.” Elle poursuivit : “Je lui soumis alors la formule, et il me dit : ‘Pratique-la sur eux.’” » (3)

(1) Sa chaîne de transmission est authentique dans tous les cas. Ibn Abī Shayba (23596) a dit : « Abd Allah nous a rapporté : Sufyān nous a rapporté, d’après al-Amash, d’après Ibrāhīm, d’après al-Aswad, d’après Aïcha. » Cette chaîne est constituée, d’un bout à l’autre, de *huffāz* (mémorisateurs experts du hadith). Sufyān désigne soit al-Thawrī, soit Ibn Uyayna, qui ont tous deux rapporté d’après al-Amash. Il s’agit très probablement du premier, car Ibn Abī Shayba emploie « Sufyān » lorsqu’il désigne al-Thawrī, tandis qu’il dit « Ibn Uyayna » lorsqu’il désigne ce dernier. Abd Allah est soit Ibn al-Mubārak, soit Ibn Numayr, mais la première identification est la bonne. Tous deux ont entendu Sufyān et comptent parmi les maîtres d’Ibn Abī Shayba ; toutefois, celui-ci appelle le second « Ibn Numayr » et le premier « Abd Allah ». Abū Dāwūd l’a également rapporté (3880) par la voie de Jarīr ibn Abd al-Hamīd, d’après al-Amash, selon la même chaîne, en ces termes : Aïcha a dit : « On ordonnait à l’auteur du mauvais œil d’accomplir ses ablutions, puis la personne atteinte était lavée avec cette eau. » Cela indique que cette pratique remonte à l’époque du Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui —, contrairement à la version d’Ibn Abī Shayba, qui indique qu’il s’agissait d’une pratique personnelle d’Aïcha rapportée sous forme *mawqūf* (arrêtée à elle). (2) Sa chaîne de transmission est faible. Ibn Abī Shayba l’a rapporté (23529) d’après Ghundar, d’après Shuba, d’après Mughīra, d’après Ibrāhīm. Tous ces transmetteurs font partie de ceux retenus par les deux Shaykhs. Ibrāhīm est Ibn Yazīd al-Nakhaī, un transmetteur digne de confiance qui rapporte d’Aïcha sans mentionner d’intermédiaire. Il est toutefois possible qu’il ait entendu ce récit de son oncle maternel, al-Aswad ibn Yazīd, lui-même digne de confiance et ayant entendu Aïcha — qu’Allah l’agrée. C’est pourquoi j’ai cité ce hadith ici. Cependant, son transmetteur Mughīra ibn Miqsam, bien que digne de confiance, pratiquait le *tadlīs* (dissimulation dans la chaîne de transmission) lorsqu’il rapportait d’Ibrāhīm. Il constitue donc le point faible de ce hadith. (3) Authentique : rapporté par l’imam Muslim dans son *Sahīh* (2198).
وعَنْ عَائِشَةَ أيضا رضى الله عنه أَنَّهَا كَانَتْ تَأْمُرُ الْعَايِنَ أَنْ يَتَوَضَّأَ فَيَغْسِلَ الَّذِي أَصَابَتْهُ الْعَيْن. (١) وقال ابن أبى شيبة: حَدَّثَنَا غُنْدَرٌ، عَنْ شُعْبَةَ، عَنْ مُغِيرَةَ، وعَنْ إبْرَاهِيمَ النخعى قَالَ: كَانَ لآل الأَسْوَدِ رُقْيَةٌ يَرْقُونَ بِهَا فِي الْجَاهِلِيَّةِ مِنْ الْحُمَةِ، قَالَ: فَعَرَضَهَا الأَسْوَدُ عَلَى عَائِشَةَ، قَالَ: فَأَمَرَتْهُمْ أَنْ يَرْقُوا بِهَا، قَالَ: وَقَالَتْ عَائِشَةُ: لاَ رُقْيَةَ إلاَ مِنْ عَيْنٍ، أَوْ حُمَةٍ. (٢) * حديث جابر رضى الله عنه. عن جابر بن عبدالله الأنصارى رضى الله عنهما قال: رخص النبي ﷺ لآل حزم في رقية الحية، وقال لأسماء بنت عميس: مالى أرى أجسام بني أخي ضارعة تصيبهم الحاجة؟ قالت: لا، ولكن العين تسرع إليهم، قال: ارقيهم قالت: فعرضت عليه فقال: ارقيهم. (٣)
(١) إسناده صحيح على أى وجه: قال ابن أبى شيبة (٢٣٥٩٦) حَدَّثَنَا عَبْدُ اللهِ، قَالَ: حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنِ الأَعْمَشِ، عَنْ إبْرَاهِيمَ، عَنِ الأَسْوَدِ عَنْ عَائِشَةَ وهذا سند مسلسل بالحفاظ وسفيان هو الثورى أو ابن عيينة وكلاهما روى عن الأعمش ويغلب على الظن أنه الأول لأن ابن أبى شيبة يقول سفيان إذا أراد الثورى ويقول ابن عيينة إن كان ابن عيينة وعبد الله هو ابن المبارك أو ابن نمير والصواب الأول فكلاهما سمع من سفيان وكلاهما شيخ لابن أبى شيبة لكنه يقول عن الثانى ابن نمير وعن الأول يقول عبد الله. ورواه أبو داود (٣٨٨٠) من طريق جرير بن عبد الحميد عن الأعمش به .. بلفظ قالت: كان يؤمر العائن فيتوضأ ويغسل منه المعين. وهذا فيه أنه مرفوع إلى زمن النبى ﷺ بخلاف رواية ابن أبى شيبة التى تفيد أن ذلك من فعلها موقوفا. (٢) إسناده ضعيف: أخرجه ابن أبى شيبة ح (٢٣٥٢٩) عن غُنْدَرعَنْ شُعْبَةَ عَنْ مُغِيرَةَ عن إبراهيم .. وهم رجال الشيخين وإبراهيم هو ابن يزيد النخعى ثقة يرسل عن عائشة لكن يحتمل أنه سمعه من خاله الأسود بن يزيد وهو ثقة سمع من عائشة رضى الله عنها. ولهذا أوردت الحديث هنا لكن الراوى عنه مغيرة بن مقسم: ثقة يدلس عن إبراهيم. فهو آفة الحديث. (٣) صحيح: أخرجه الإمام مسلم في صحيحه (٢١٩٨)

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