- Hadith d’Abū Saīd al-Khudrī — qu’Allah l’agrée.
Abū Nadra rapporte qu’Abū Saīd al-Khudrī a dit : « Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — cherchait la protection d’Allah contre le mauvais œil des djinns et des humains. Lorsque les deux sourates protectrices furent révélées, il s’en tint à elles et délaissa toute autre formule. » (1)
Abū Saīd — qu’Allah l’agrée — rapporte également que Gabriel se rendit auprès du Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — et lui demanda : « Souffres-tu, Muhammad ? » Il répondit : « Oui. » Gabriel dit alors : « Au nom d’Allah, je récite sur toi une ruqya contre tout ce qui te nuit, contre le mal de toute âme et de tout mauvais œil hostile à ton égard. Qu’Allah te guérisse ! Au nom d’Allah, je récite sur toi une ruqya. » (2)
Abū Nadra rapporte, d’après Abū Saīd ou Jābir ibn Abd Allah, que le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — tomba malade. Gabriel vint alors à lui et dit : « Au nom d’Allah, je récite sur toi une ruqya contre tout ce qui te nuit, contre tout envieux et tout mauvais œil. Qu’Allah te guérisse ! » (3)
- Hadith d’Aïcha — qu’Allah l’agrée.
La Mère des croyants, Aïcha, fille d’Abū Bakr al-Siddīq — qu’Allah le Très-Haut les agrée tous deux — a dit : « Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — m’ordonna — ou ordonna — de demander qu’une ruqya soit pratiquée contre le mauvais œil. » (4)
Aïcha — qu’Allah l’agrée — rapporte également que le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — a dit : « Cherchez refuge auprès d’Allah le Très-Haut contre le mauvais œil, car le mauvais œil est une réalité. » (5)
(1) Bon : rapporté par al-Tirmidhī, al-Nasā’ī, Ibn Mājah et al-Diyā’ dans *al-Mukhtāra*, d’après Saīd ibn Iyās, Abū Masūd al-Jurayrī, dans une version similaire. Al-Tirmidhī l’a qualifié de bon, et al-Albānī l’a déclaré authentique dans *Sahīh al-Jāmi* (4902).
(2) Authentique : rapporté par Muslim, Ibn Mājah, al-Tirmidhī et al-Nasā’ī, par diverses voies, d’après Abd al-Wārith, qui dit : « Mon père m’a rapporté, d’après Abd al-Azīz ibn Suhayb », d’après Abū Nadra, d’après Abū Saīd, selon qui Gabriel… dans une version similaire.
(3) Authentique : rapporté par Ahmad, qui en a également transmis une version d’après Abū Saīd. Les deux versions sont authentiques.
(4) Authentique : rapporté par al-Bukhārī (5738) et Muslim (2195), dans le Livre du salut, chapitre : « Recommandation de pratiquer la *ruqya* contre le mauvais œil, la *namla* (éruption cutanée ulcéreuse), la *huma* (envenimation) et la *nazra* (atteinte due à un regard) » ; ainsi que par Ahmad, al-Nasā’ī dans *al-Kubrā*, Ibn Mājah, Ibn Hibbān et al-Bayhaqī.
(5) Faible : rapporté par al-Hākim dans *al-Mustadrak* (7497), dont c’est ici la version, et par Ibn Mājah dans ses *Sunan* (3508), tous deux par la voie d’Abū Wāqid al-Laythī, qui a dit : « J’ai entendu Abū Salama ibn Abd al-Rahmān rapporter d’après Aïcha… » Al-Hākim a dit : « Ce hadith est authentique selon les critères des deux Shaykhs, bien qu’ils ne l’aient pas rapporté sous cette forme ; ils ne se sont accordés que sur le hadith d’Ibn Abbās : “Le mauvais œil est une réalité.” » Fin de citation. Je dis : cela compte parmi ses erreurs — qu’Allah lui fasse miséricorde. Cet Abū Wāqid n’est pas l’éminent Compagnon Abū Wāqid al-Laythī, dont les deux Shaykhs ont retenu des hadiths ; il s’agit en réalité de Sālih ibn Muhammad ibn Zāida al-Madanī, surnommé Abū Wāqid al-Laythī le Jeune. Abū Dāwūd, Abū Zura, Yahyā ibn Maīn et Ali ibn al-Madīnī l’ont déclaré faible. Al-Bukhārī a dit : « Il est *munkar al-hadīth* (ses hadiths sont réprouvés). » Ibn Hibbān a dit : « Il était de ceux qui inversent les récits et les chaînes de transmission sans s’en rendre compte, et qui donnent une chaîne complète aux récits *mursal* sans le comprendre. Lorsque cela devint fréquent et flagrant dans ses hadiths, ses récits méritèrent d’être délaissés. » Fin de citation. Al-Albānī l’a déclaré authentique dans *Sahīh al-Jāmi* (938), mais il ne l’est pas.