« Ô Messager d’Allah, peux-tu secourir Sahl ibn Hunayf ? Par Allah, il ne relève plus la tête ! » Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — demanda : « Soupçonnez-vous quelqu’un d’en être la cause ? » Ils répondirent : « Oui, Messager d’Allah. ‘Āmir ibn Rabī‘a est passé près de lui pendant qu’il se baignait et a déclaré : “Par Allah, je n’ai jamais rien vu de pareil à ce jour, pas même la peau d’une jeune fille tenue à l’abri des regards !” » Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — fit alors appeler ‘Āmir ibn Rabī‘a, se courrouça contre lui et dit : « Pourquoi l’un de vous tue-t-il son frère ? Que n’as-tu invoqué la bénédiction ? Lave-toi pour lui. » ‘Āmir effectua donc le lavage pour lui, puis Sahl repartit avec le groupe.
Ibn Shihāb dit : « Voici la manière dont nous avons vu nos savants pratiquer ce lavage : on fait venir l’homme qui a atteint son compagnon du mauvais œil et l’on apporte un récipient contenant de l’eau, que l’on tient pour lui sans le poser à terre. Celui qui a causé le mauvais œil plonge sa main droite dans l’eau, puis s’en verse une fois sur le visage en laissant l’eau retomber dans le récipient. Il plonge ensuite la main gauche dans l’eau et lave sa main droite d’une seule coulée, au-dessus du récipient. Puis il plonge la main droite et lave de même sa main gauche jusqu’au coude. Il plonge ensuite les deux mains dans l’eau et lave sa poitrine d’une seule coulée, au-dessus du récipient. Puis il plonge la main gauche, puise de l’eau et la verse d’une seule coulée sur le dos de sa main droite, toujours au-dessus du récipient. Il plonge ensuite la main gauche et verse une fois de l’eau sur le coude droit, le bras replié et la main ramenée vers le cou. Il procède de même avec le coude gauche, puis avec le dessus du pied droit, à partir de la naissance des orteils, et fait de même avec le pied gauche. Il plonge ensuite la main gauche et verse de l’eau sur l’arrière du genou droit, puis procède de même avec le genou gauche. Il plonge alors dans l’eau le pan intérieur droit de son pagne. Celui qui tient le récipient le soulève ensuite et en verse le contenu sur l’arrière de son genou droit. Puis celui qui tient le récipient le soulève et en verse le contenu, par-derrière, sur la tête de la personne atteinte du mauvais œil. Enfin, il retourne le récipient derrière elle, l’ouverture contre terre. » (1)
Yūnus était l’un de ceux qui connaissaient le mieux les avis d’al-Zuhrī. Ici, il a présenté la description du lavage comme étant une parole d’al-Zuhrī, et Ibn Abī Dhi’b l’a suivi sur ce point dans al-Musannaf.