- Hadith d’‘Abd Allah ibn ‘Āmir ibn Rabī‘a — qu’Allah l’agrée.
‘Abd Allah ibn ‘Āmir rapporte : « ‘Āmir ibn Rabī‘a et Sahl ibn Hunayf partirent pour se baigner. Ils se mirent à chercher un endroit où se dissimuler. ‘Āmir retira alors une tunique de laine qu’il portait. Je le regardai et lui portai atteinte par mon mauvais œil. Il entra dans l’eau pour se baigner. J’entendis alors un bruit venant de lui dans l’eau. Je m’approchai et l’appelai à trois reprises, mais il ne me répondit pas. Je me rendis donc auprès du Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — et l’en informai. Il vint à pied et entra dans l’eau ; il me semble encore voir la blancheur de ses jambes. Il lui frappa la poitrine de la main, puis dit : “Ô Allah, dissipe la chaleur, le froid et la douleur persistante du mauvais œil.” L’homme se releva. Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dit alors : “Lorsque l’un de vous voit chez son frère, en lui-même ou dans ses biens quelque chose qui lui plaît, qu’il invoque la bénédiction, car le mauvais œil est une réalité.” » (1)
- Hadith d’Abū Hurayra — qu’Allah l’agrée.
Abū Hurayra — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — a dit : « Le mauvais œil est une réalité (et il interdit le tatouage). » (2)
Il rapporte également — qu’Allah l’agrée — que le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — a dit : « Les oiseaux nocturnes ne sont porteurs d’aucun mal, le mauvais œil est une réalité, et le plus véridique des présages est le bon augure. » (3)
(1) Faible : rapporté par Ahmad (15273) et al-Hākim dans *al-Mustadrak* (7500), tous deux par la voie de Wakī‘ ibn al-Jarrāh ibn Malīh, d’après son père, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Īsā, d’après Umayya ibn Hind ibn Sahl ibn Hunayf, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Āmir, qui rapporte : « ‘Āmir ibn Rabī‘a partit… » Dans le *Musnad*, on lit « ‘Ubayd Allah ibn ‘Āmir », mais il s’agit d’une erreur de copiste. Al-Hākim a dit : « Ce hadith possède une chaîne de transmission authentique, mais ils ne l’ont pas rapporté. » Al-Dhahabī l’a approuvé dans *al-Talkhīs*, tandis qu’al-Albānī a déclaré dans *Sahīh al-jāmi‘* (556) : « Hadith authentique ! » Il n’en est pourtant pas ainsi : al-Jarrāh ibn Malīh est véridique, mais commet des erreurs. Quant à Umayya ibn Hind, il est considéré comme *maqbūl* (acceptable). Yahyā ibn Ma‘īn a dit : « Je ne le connais pas. » Ibn Hibbān l’a déclaré fiable, comme à son habitude avec les transmetteurs inconnus ! De plus, ‘Abd Allah ibn ‘Āmir n’a pas assisté à l’événement. Ce hadith n’est rapporté que par la voie de cet Umayya : il s’agit donc également d’une transmission isolée, ce à quoi les auteurs tardifs ne prêtent pas attention.
(2) Authentique : rapporté par al-Bukhārī (5408 et 5944), Muslim (2187) et Abū Dāwūd (3879). Ibn Māja (3507) l’a également rapporté par la voie de Mudārib ibn Hazn, d’après Abū Hurayra ; Mudārib est considéré comme *maqbūl* (acceptable). L’ajout « et il interdit le tatouage » ne figure ni chez Muslim ni chez Ibn Māja.
(3) Faible et instable dans sa transmission (*mudtarib*) : rapporté par Ahmad (20158), par la voie de Shaybān, d’après Yahyā ibn Abī Kathīr, d’après Hayya, qui le lui rapporta d’après son père, d’après Abū Hurayra. Ses transmetteurs sont fiables, à l’exception de Hayya, qui est considéré comme *maqbūl* (acceptable). Les transmetteurs ont toutefois divergé dans leur narration d’après Yahyā ibn Abī Kathīr. Ahmad (16191, 20156 et 22705) et al-Tirmidhī (2061) l’ont rapporté par la voie de ‘Alī ibn al-Mubārak ; Ahmad (20157) l’a également rapporté par la voie de Harb ibn Shaddād al-Yashkurī. Tous deux le rapportent d’après Yahyā ibn Abī Kathīr comme un hadith de Hābis al-Tamīmī — qu’Allah l’agrée.
Ces trois transmetteurs figurent parmi ceux retenus par al-Bukhārī et Muslim. Shaybān est le plus fiable d’entre eux dans ses narrations d’après Yahyā. Quant à la narration de ‘Alī ibn al-Mubārak d’après Yahyā ibn Abī Kathīr en particulier, elle comporte une faiblesse. Ce hadith est corroboré par d’autres récits, comme indiqué précédemment, et la phrase « Le mauvais œil est une réalité » est authentique et solidement établie.