- Hadith d’Asmā’ bint ‘Umays — qu’Allah l’agrée.
Asmā’ bint ‘Umays rapporte qu’elle demanda : « Ô Messager d’Allah, les enfants de Ja‘far sont atteints par le mauvais œil. Puis-je faire pratiquer sur eux une ruqya ? » Il répondit : « Oui. Si une chose pouvait devancer le décret divin, le mauvais œil l’aurait devancé. » (1)
- Hadith de ‘Āmir ibn Rabī‘a — qu’Allah l’agrée.
‘Abd Allah ibn ‘Āmir ibn Rabī‘a rapporte de son père : « Sahl ibn Hunayf et moi partîmes à la recherche de fourrés et trouvâmes un bosquet ainsi qu’une mare. Chacun de nous éprouvait de la pudeur à se baigner sous le regard de l’autre. Sahl se mit donc à l’abri de mon regard et, lorsqu’il estima être suffisamment dissimulé, retira le manteau d’étoffe qu’il portait, puis entra dans l’eau. Je le regardai et admirai son physique ; mon regard lui porta alors atteinte. Tandis qu’il se trouvait dans l’eau, il fut saisi de violents tremblements. Je l’appelai, mais il ne me répondit pas. Je partis donc trouver le Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — et l’informai de ce qui s’était passé. Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dit : “Levez-vous.” Il se rendit auprès de lui, releva son vêtement au-dessus de sa jambe, puis s’avança dans l’eau jusqu’à lui. Lorsqu’il l’eut rejoint, il lui frappa la poitrine et dit : “Ô Allah, dissipe la chaleur, le froid et la douleur persistante du mauvais œil.” Puis il lui dit : “Lève-toi.” Il se leva. Le Messager d’Allah — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — dit alors : “Lorsque l’un de vous voit en lui-même, dans ses biens ou chez son frère quelque chose qui lui plaît, qu’il invoque la bénédiction, car le mauvais œil est une réalité.” » (2)
(1) Authentique : rapporté par Ahmad, al-Tirmidhī (2059), qui l’a qualifié de « bon et authentique », Ibn Māja (3510), al-Humaydī (348), dans l’édition que j’ai établie, et Ibn Abī Shayba (23581). Tous le rapportent par la voie de Sufyān, d’après ‘Amr ibn Dīnār, d’après ‘Urwa ibn ‘Āmir, d’après ‘Ubayd ibn Rifā‘a, d’après Asmā’, avec ce même récit. Ibn Abī Shayba l’a également rapporté, hadith no 23583 : ‘Abd al-Rahīm nous a rapporté, d’après Muhammad ibn Ishāq, d’après ‘Abd Allah ibn Abī Najīh, d’après ‘Abd Allah ibn Thābit, client de Jubayr ibn Mut‘im, d’après Asmā’. Toutefois, cette chaîne de transmission est faible : je n’ai trouvé aucune notice biographique concernant ‘Abd Allah ibn Thābit ; Ibn Abī Najīh est fiable, mais pratiquait le *tadlīs* ; quant à Ibn Ishāq, il est véridique, mais pratiquait lui aussi le *tadlīs*, et il a rapporté ce récit en employant la formule indirecte « d’après ». Je n’ai pas non plus pu identifier le maître d’Ibn Abī Shayba. Parmi les maîtres de ce dernier figurent toutefois ‘Abd al-Rahīm ibn Sulaymān et ‘Abd al-Rahīm ibn ‘Abd al-Rahmān al-Muhāribī, tous deux fiables. Il est fort probable qu’il s’agisse d’Ibn Sulaymān. Cependant, Muhammad ibn Ishāq ne comptait parmi les maîtres d’aucun des deux. Et Allah sait mieux.
(2) Faible : rapporté par Ibn Abī Shayba dans *al-Musannaf* (23594), dont c’est la version, ainsi que, d’après lui, par Abū Ya‘lā dans son *Musnad* (13/152-153), hadith no 7195, al-Nasā’ī dans *al-Sunan al-kubrā* (7511) et al-Diyā’ al-Maqdisī dans *al-Ahādīth al-mukhtāra* (213). Tous le rapportent par la voie de Mu‘āwiya ibn Hishām, d’après ‘Ammār ibn Ruzayq, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Īsā, d’après Umayya ibn Hind, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Āmir ibn Rabī‘a, d’après son père. Ses transmetteurs sont jugés fiables, à l’exception d’Umayya ibn Hind, considéré comme *maqbūl* (acceptable), et dont seuls deux transmetteurs ont rapporté. Dans ce hadith, il est le seul à rapporter deux éléments qui, à mon avis, ne sont pas solidement établis : premièrement, que ce récit relève du *Musnad* de ‘Āmir ibn Rabī‘a ; deuxièmement, l’invocation du Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — : « Ô Allah, dissipe sa chaleur… » Et Allah sait mieux. Ibn Māja (3506) a rapporté, par la même voie, uniquement la fin du hadith, à savoir : « Le mauvais œil est une réalité. »