qu’Allah accorde un bienfait à celui qu’il envie. Quant à l’envieux — ou au jaloux —, quels que soient les bienfaits qu’Allah lui accorde, il n’y reconnaît aucune grâce de Sa part, car il voit inévitablement chez autrui un bienfait supérieur à celui qu’Allah lui a octroyé et finit ainsi par déprécier ce dernier. Supposons même qu’il possède une immense fortune : qu’un commerçant réalise un bénéfice considérable sur une marchandise donnée, et l’on verra cet envieux le jalouser pour ce gain, alors qu’il possède lui-même des millions. Il en va de même pour la science : lorsqu’une personne se distingue dans une question scientifique, certains envieux la jalousent pour l’excellence dont elle a fait preuve, quand bien même ils seraient plus savants qu’elle. Cela implique qu’ils déprécient le bienfait qu’Allah leur a accordé. La jalousie est donc un mal redoutable, aux conséquences funestes. Les gens vivent dans le bien, tandis que l’envieux vit dans le mal : il épie les bienfaits qu’Allah accorde à Ses serviteurs et, chaque fois qu’il en aperçoit un, celui-ci devient une braise dans son cœur. Si la jalousie n’avait d’autre tare que de compter parmi les caractères des Juifs, cela suffirait à nous en détourner.
Parmi les enseignements du verset figure également le fait que les Juifs et les chrétiens savent que l’islam constitue un immense mérite pour celui qui le suit. Allah, exalté soit-Il, dit en effet : « par jalousie », car on ne jalouse une personne que pour une chose qui représente un bien et un mérite. Cela est également indiqué par la parole d’Allah, exalté soit-Il : « Ni les mécréants parmi les gens du Livre ni les polythéistes ne souhaitent qu’un bienfait de votre Seigneur descende sur vous. » [Al-Baqara : 105]
Il met aussi en évidence la perfidie intérieure de ceux qui souhaitent nous voir mécréants. Allah, exalté soit-Il, dit : « venant d’eux-mêmes ». Ce souhait ne leur vient ni d’un Livre ni d’un tort que les musulmans leur auraient causé : il émane d’eux-mêmes, d’âmes perfides qui souhaitent, par jalousie, que les musulmans deviennent mécréants. » Fin de citation. (1)
Je dis : une difficulté peut ici être soulevée. Allah, exalté soit-Il, a fait l’éloge de l’émulation dans le bien en disant : « Que ceux qui aspirent à cela rivalisent donc ! » Le Prophète — qu’Allah lui accorde la bénédiction et le salut — a également dit : « La jalousie n’est permise que dans deux cas : celui d’un homme à qui Allah a donné le Coran et qui le récite aux heures de la nuit et du jour, et celui d’un homme à qui Allah a donné des biens et qui les dépense aux heures de la nuit et du jour. » Al-Bukhārī a intitulé le chapitre où il rapporte ce hadith : « L’émulation dans la science et la sagesse ». Comment donc Allah, exalté soit-Il, blâme-t-Il l’acte des Juifs et le présente-t-Il sous la forme d’une réprobation, alors qu’ils enviaient aux musulmans le bien