On rapporte également ces vers :
Sans la crainte des conséquences, jamais ne cesserait
le bienfait que l’envieux procure à celui qu’il envie.
Lorsqu’Allah veut répandre un mérite resté caché,
Il met à son service la langue d’un envieux.
Si le feu n’embrasait ce qu’il touche,
nul ne connaîtrait le suave parfum du bois d’oud.
Définition de la ghibta (émulation louable)
Elle consiste, pour le serviteur, à souhaiter obtenir un bienfait sans désirer que celui qui le possède en soit privé. Elle ne concerne que les vertus et les choses jugées louables par la Loi religieuse, telles que la récitation, la science, la bravoure, la force, la multiplication des aumônes et les dépenses dans la voie d’Allah.
Ibn Manzūr a dit : « La ghibta consiste à souhaiter posséder un bienfait semblable à celui d’autrui, sans souhaiter que ce dernier en soit privé. » Fin de citation. (1) Il a également dit : « Ghabatahu signifie : “il l’a envié”. Selon une autre définition, l’envie consiste à souhaiter le bienfait dont jouit une personne tout en voulant qu’il lui soit retiré, tandis que la ghibta consiste à souhaiter connaître une condition semblable à celle d’autrui, sans vouloir que son bienfait disparaisse ni lui soit retiré. Ce n’est donc pas de l’envie. » (2)
Il est dit dans al-Misbāh al-munīr : « La ghibta désigne une heureuse condition. Ce nom vient du verbe ghabatahu — sur le modèle de daraba —, employé lorsque, admiratif d’un bienfait reçu par une personne et le tenant en grande estime, on souhaite en obtenir un semblable sans vouloir qu’elle en soit privée. On lit dans un hadith : “Je me tiendrai en une station pour laquelle les premiers comme les derniers m’envieront.” Cela est permis, car ce n’est pas de l’envie. En revanche, souhaiter que ce bienfait disparaisse constitue l’envie. » Fin de citation. (3)
Al-Isfahānī a dit : « Le simple fait de souhaiter obtenir un bien semblable à celui accordé à autrui relève de la ghibta. Si, à ce souhait, s’ajoutent les efforts visant à obtenir un bien semblable ou supérieur, il s’agit alors de compétition vertueuse. » (4)
Définition du ghill (ressentiment) et du hiqd (rancœur)
Le ressentiment et la rancœur sont des synonymes de l’envie et en ont le même sens. Même s’ils précèdent l’envie et en constituent le commencement, celle-ci finit par en résulter. Ces réalités sont indissociables, si bien que l’envie ne survient pas