Al-Baghawī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit dans son Tafsir :
« Mujāhid a dit : “Ceci est une menace à leur encontre.” Il a été dit : le Prophète — que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — verra leurs œuvres parce qu’Allah — exalté soit-Il — l’en informera ; quant aux croyants, ils les verront par l’amour qu’Allah mettra dans leur cœur pour les gens vertueux et par l’aversion qu’Il y mettra pour les gens corrompus. » Fin de citation.
Le cheikh ‘Abd al-Rahmān al-Sa‘dī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit :
« Le Très-Haut dit : “Et dis” à ces hypocrites : “Agissez” comme bon vous semble et persistez dans votre égarement, mais ne pensez pas que cela demeurera caché. “Allah verra vos œuvres, ainsi que Son Messager et les croyants” : autrement dit, vos œuvres seront nécessairement mises en évidence et dévoilées. “Puis vous serez ramenés vers Celui qui connaît l’invisible et le visible, et Il vous informera alors de ce que vous faisiez”, en bien comme en mal. Ce passage contient donc une menace et un avertissement sévères à l’encontre de celui qui persiste dans son égarement, sa transgression, son fourvoiement et sa désobéissance.
Il est également possible que le sens soit le suivant : quelque bien ou mal que vous accomplissiez, Allah vous observe et dévoilera vos œuvres à Son Messager et à Ses serviteurs croyants, quand bien même elles seraient cachées. » Fin de citation tirée de son Tafsir, dans son commentaire du verset.
Si je me suis aussi longuement étendu sur ce point, c’est parce que les gens ont pris une grande liberté dans l’emploi de versets comme preuves hors de leur contexte, au point de s’y habituer. Ainsi, même les moins qualifiés se mettent à parler du Coran, l’interprètent au gré de leurs passions et s’imaginent avoir toute latitude en la matière, alors qu’il n’en est rien. Les pieux prédécesseurs réprouvaient vivement un tel comportement.
Al-Tirmidhī et Abū Dāwūd ont ainsi rapporté, d’après Aslam Abū ‘Imrān al-Tujībī :
« Nous nous trouvions dans une cité du territoire byzantin lorsque les Byzantins déployèrent contre nous une immense ligne de combattants. Un nombre égal, voire supérieur, de musulmans s’avança alors contre eux. ‘Uqba ibn ‘Āmir commandait le contingent égyptien, tandis que Fadāla ibn ‘Ubayd commandait l’ensemble de l’armée. Un musulman chargea les rangs byzantins jusqu’à s’y enfoncer. Les gens s’écrièrent alors : “Gloire à Allah ! Il se jette de ses propres mains dans la perdition !” Abū Ayyūb al-Ansārī se leva et dit : “Ô gens ! Vous donnez à ce verset cette interprétation, alors qu’il fut révélé à notre sujet, nous autres, les Ansār (Auxiliaires). Lorsqu’Allah eut accordé la puissance à l’islam et multiplié ses défenseurs, certains d’entre nous se dirent secrètement, à l’insu du Messager d’Allah