hāsid ou hasūd, dont les pluriels sont hussād et hasada. (1)
Sache que l’envie est une maladie du cœur — nous cherchons refuge auprès d’Allah contre elle. Elle prend sa source dans la colère, la rancœur et le refus d’accepter le décret divin, la prédestination et la subsistance accordée. Elle sème la discorde, nuit à la religion, détruit l’affection, répand la haine entre les musulmans et détourne des bonnes œuvres, de l’évocation d’Allah et de l’adoration. Al-Ghazālī l’a même comptée parmi les causes qui empêchent d’accomplir la prière nocturne. Il n’est de force ni de puissance qu’en Allah.
Définition de l’adm
Lorsqu’un homme (ou une femme ou un enfant, qu’ils soient humains ou djinns) souhaite obtenir un bienfait et que celui-ci disparaisse de chez autrui, sans que ce souhait nuise à la personne enviée — c’est-à-dire sans lui causer le tort propre à l’envie ni se réaliser effectivement —, il s’agit de l’adm. Cela constitue l’une des manifestations de la miséricorde d’Allah — Très-Haut — envers Ses serviteurs et de la manière dont Il écarte d’eux les décrets funestes. En effet, si Allah — Très-Haut — donnait effet à toute envie, le monde serait dévasté et les moyens de subsistance des hommes seraient ruinés. Il n’est de force ni de puissance qu’en Allah.
Il est dit dans al-Ayn : « L’adm est l’envie et la rancœur que l’on garde dans son cœur sans pouvoir les mettre à exécution. » Fin de citation. (2)
L’adm ne produit pas les mêmes effets que le mauvais œil, bien qu’il en soit une forme. Il s’apparente plutôt à la rancœur qui pousse à l’orgueil, au rejet de la vérité et au mépris des gens, comme celle qui apparaît entre pairs, quels que soient l’activité ou le milieu. Ainsi, parmi les étudiants en sciences religieuses, l’envie pousse certains à taxer un autre d’ineptie, à rabaisser son rang, à léser ses droits, à minimiser son importance et à mépriser sa position ; elle peut même les amener à porter atteinte à son honneur en raison d’un propos, d’une opinion ou de quelque chose de semblable. Cela ne relève ni de l’émulation louable mentionnée dans le hadith ni du mauvais œil qui cause un préjudice. Il s’agit plutôt des affrontements et des controverses entre pairs, chose manifeste et bien connue. Allah — Très-Haut — sait mieux.
C’est à ce propos que le poète a dit :
Ils envièrent le jeune homme, faute de pouvoir égaler son mérite ;
les gens sont pour eux autant d’ennemis et d’adversaires.
Telles les coépouses d’une belle femme, qui dirent de son visage,
par injustice et mensonge : « Il est assurément laid. »