et utiles pour se prémunir du mal de l’auteur du mauvais œil ou de l’envieux : il faut l’éviter et s’en éloigner. Ainsi, un homme évitera de passer devant cet envieux, de le fréquenter ou de partager ses repas ; il ne le saluera pas, ne lui rendra pas visite et ne lui répondra pas s’il l’interroge sur son commerce, ses biens, ses enfants, ses cultures, son bétail ou toute autre chose qu’il craint de voir atteinte. Certains peuvent même envier les relations qu’un homme entretient avec sa famille et ses proches : voyant deux hommes unis par des liens fraternels, ils les envient ; la mésentente s’insinue alors entre eux et la haine fait son œuvre, si bien que leur amitié se transforme en hostilité. Il n’est de force ni de puissance qu’en Allah.
Il incombe au détenteur de l’autorité de prendre des mesures contre les envieux : les emprisonner, les tenir éloignés de la population et leur infliger une sanction disciplinaire adaptée au cas de l’auteur du mauvais œil, jusqu’à ce qu’il renonce à cet acte odieux. Les méfaits de l’envie sont en effet funestes : il suffit d’évoquer la disparition de la bénédiction, l’apparition de la haine et de l’animosité parmi les gens, ainsi que la vie rendue pénible à la personne enviée. Qu’Allah, par Sa faveur et Sa générosité, nous en préserve.
Ibn al-Qayyim — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Nos compagnons, ainsi que d’autres juristes, ont affirmé que l’imam devait emprisonner quiconque était connu pour cela et lui assurer de quoi subvenir à ses besoins jusqu’à sa mort. C’est là, sans aucun doute, l’avis juste. » — La Médecine prophétique.
Al-Aynī a dit : « Le cadi Iyād a rapporté : “Certains savants ont dit que, lorsqu’une personne est connue pour atteindre autrui par le mauvais œil, il convient de l’éviter et de s’en prémunir. L’imam doit l’empêcher de se mêler aux gens et lui imposer de rester chez elle. Si elle est pauvre, il faut lui assurer de quoi subvenir à ses besoins. Son préjudice est en effet plus grave que celui de l’homme qui mange de l’ail et de l’oignon, auquel le Prophète — paix et bénédictions sur lui — interdit d’entrer à la mosquée afin qu’il ne nuise pas aux gens, et que celui du lépreux qu’Umar — qu’Allah l’agrée — avait tenu à l’écart.” » (1)
Troisièmement : il convient que le serviteur se prémunisse par la prière, car elle constitue le lien entre Allah — exalté soit-Il — et le serviteur. Plus celui-ci s’y montre assidu, plus il se rapproche d’Allah — exalté soit-Il — et plus cela favorise l’exaucement de ses invocations et sa préservation. Dans un hadith transmis par Nuaym ibn Hammār al-Ghatafānī — qu’Allah l’agrée —, il est rapporté du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — qu’il