mais d’entrer par des portes différentes. En effet, selon Ibn Abbās, Muhammad ibn Kaʿb, Mujāhid, al-Dahhāk, Qatāda, al-Suddī et bien d’autres, il craignait pour eux le mauvais œil. » Fin de citation. (1) Je n’ai cependant rien trouvé qui établisse que ce frère se nommait Benjamin ; il se peut donc que ce nom provienne des récits israélites.
Le cheikh al-Nawawī a dit : « Après avoir mentionné le hadith rapportant la jalousie de Amir ibn Rabīa envers Sahl ibn Hunayf, le cadi Iyād a dit : “Parmi les enseignements juridiques que renferme ce hadith figure celui énoncé par certains savants : lorsqu’une personne est connue pour atteindre autrui par le mauvais œil, il convient de l’éviter et de s’en prémunir. Il appartient également au gouvernant de l’empêcher de se mêler aux gens et de lui ordonner de rester chez elle. Si elle est pauvre, il lui assure de quoi subvenir à ses besoins, afin de préserver les gens de sa nuisance.” » Sahīh Muslim commenté par al-Nawawī.
Ibn al-Qayyim — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Parmi les moyens de remédier au mauvais œil et de s’en prémunir figure également le fait de dissimuler les attraits de celui pour lequel on le redoute, au moyen de quelque chose qui détourne de lui le regard. Al-Baghawī rapporte ainsi dans son ouvrage Sharh al-Sunna (2) que Uthmān — qu’Allah l’agrée — vit un beau garçon et dit : “Noircissez-lui la nūna (la fossette du menton), afin qu’il ne soit pas atteint par le mauvais œil.” Il expliqua ensuite : “Cette expression signifie : noircissez-lui la fossette du menton. La nūna désigne le petit creux qui se trouve dans le menton d’un jeune garçon.”
Dans son ouvrage sur les termes rares du hadith, al-Khattābī rapporte également que Uthmān — qu’Allah l’agrée — vit un garçon sur lequel le mauvais œil risquait de s’abattre et dit : “Noircissez-lui la fossette du menton.” Abū Amr a dit : “J’ai interrogé Ahmad ibn Yahyā à ce sujet. Il m’a répondu que la nūna désignait la fossette du menton et que le tadsīm consistait à noircir. Uthmān voulait donc que l’on noircisse cet endroit de son menton afin de détourner de lui le mauvais œil.”
Relève du même emploi le hadith d’Aïcha — qu’Allah l’agrée — selon lequel le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — prononça un jour un sermon, coiffé d’un turban dasmā, c’est-à-dire noir. Ce texte est cité pour attester le sens du terme. C’est également de là que le poète tira ce vers :
Combien cet être accompli avait besoin d’un défaut,
qui du mauvais œil lui aurait servi de rempart ! » Fin de citation. (3)
Muhammad ibn Muflih — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « Que celui qui est beau se prémunisse du mauvais œil et de la jalousie en donnant à sa beauté un aspect moins avenant. » (4)