Parmi les formules de protection et les évocations que prononce celui qui voit une chose qui lui plaît figure celle-ci : « Il n’est de force ni de puissance qu’en Allah. »
Suhayb rapporte en effet que, durant la bataille de Hunayn, le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — remuait les lèvres après la prière de l’aube, comme nous ne l’avions jamais vu le faire auparavant. Nous lui demandâmes : « Ô Messager d’Allah ! Nous te voyons faire une chose que tu ne faisais pas auparavant. Que dis-tu donc en remuant ainsi les lèvres ? » Il répondit : « Un prophète appartenant aux communautés qui vous ont précédés s’émerveilla du grand nombre des siens et déclara : “Aucun ennemi ne saurait s’en prendre à eux.” Allah lui révéla alors : “Donne à ta communauté le choix entre l’une de ces trois épreuves : soit Nous lançons contre eux un ennemi étranger qui les livrera au massacre, soit la famine, soit Nous leur envoyons la mort.” Il les consulta et ils répondirent : “Nous ne pouvons faire face à l’ennemi et nous ne saurions endurer la famine ; choisissons donc la mort.” Allah leur envoya alors la mort, et soixante-dix mille d’entre eux moururent en trois jours. » Voyant alors leur grand nombre, le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — dit : « Quant à moi, je dis à présent : “Ô Allah ! C’est par Toi que je manœuvre, par Toi que je charge et par Toi que je combats.” » Une autre version rapporte : « Ô Allah ! C’est par Toi que je combats et par Toi que je charge. Il n’est de force ni de puissance qu’en Allah. » (1)
Deuxièmement : dissimuler à l’envieux les qualités de ce que l’on craint de voir atteint par le mauvais œil
Le principe de cette précaution est établi par le Livre et étayé par d’authentiques récits attribués aux Compagnons. Jacob, prophète d’Allah — paix sur lui — prit ainsi des précautions contre le mauvais œil. Allah — Très-Haut soit-Il — dit :
« Il dit : “Ô mes fils ! N’entrez pas tous par une seule porte, mais empruntez des portes différentes. Je ne puis toutefois vous préserver en rien du décret d’Allah. Le jugement n’appartient qu’à Allah. C’est en Lui que je place ma confiance, et c’est en Lui que doivent la placer ceux qui s’en remettent à Lui.” Lorsqu’ils entrèrent de la manière que leur père leur avait prescrite, cela ne pouvait en rien les préserver du décret d’Allah ; Jacob avait seulement satisfait un besoin qu’il ressentait en lui-même. Il possédait certes un savoir grâce à ce que Nous lui avions enseigné, mais la plupart des hommes ne savent pas. » Sourate Joseph — paix sur lui —, versets (67 - 68)