son mauvais œil, en invoquant la bénédiction en sa faveur, conformément au hadith de Sahl ibn Hunayf. Il dira : « Ô Allah, bénis-le ! » Ou bien il désignera précisément la chose concernée et dira : « Ô Allah, bénis telle chose ! »
Invoquer la bénédiction est obligatoire, car le Prophète — paix et bénédictions sur lui — l’a ordonné et a renforcé cet ordre par une formulation expressément impérative. Bien plus, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — s’est irrité et emporté contre Āmir. Or, aucun indice ne permet ici de détourner cet ordre de son caractère obligatoire. Tel est un premier argument.
En voici un second : invoquer la bénédiction en faveur de celui que l’on craint d’atteindre par le mauvais œil permet de se prémunir contre le meurtre d’un musulman ou le tort qui pourrait lui être causé. Le mauvais œil peut en effet tuer et entraîner un homme à sa perte. Il est dit dans le hadith : « Tout ce qui appartient au musulman est inviolable pour un autre musulman : son sang, ses biens et son honneur, tout comme est inviolable la Cité sacrée durant le mois sacré. » Or, de l’avis unanime, il est obligatoire de se prémunir contre cela. Et lorsqu’une fin est obligatoire, le moyen qui permet d’y parvenir l’est également, ainsi qu’il est établi dans les fondements du droit.
C’est aussi l’avis adopté par al-Qurtubī dans son Tafsīr. Il a dit — qu’Allah lui fasse miséricorde : « Il incombe à tout musulman, lorsqu’une chose lui plaît, d’invoquer la bénédiction (sur elle), car cette invocation écarte immanquablement le mal redouté. » (1)
Certaines personnes proclament la grandeur d’Allah lorsqu’elles redoutent le mauvais œil de quelqu’un. Le cheikh al-Shinqītī a dit dans Adwā al-Bayān : « Que celui qui soupçonne quelqu’un de porter le mauvais œil proclame trois fois la grandeur d’Allah lorsqu’il le redoute. Allah repoussera ainsi le mauvais œil, et la louange appartient à Allah. » Fin de citation.
Le cheikh Atiyya Sālim — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit : « On dit que celui qui craint pour lui-même ou pour ses biens le mauvais œil d’une personne doit prononcer à son propre sujet : “Ce qu’Allah a voulu ! Béni soit Allah !”, en élevant suffisamment la voix pour être entendu de la personne qu’il redoute. Il peut aussi proclamer trois fois, pour lui-même ou pour ses biens : “Allah est le plus grand !” » (2)
Je n’ai toutefois trouvé aucun hadith à ce sujet et ne préconise donc pas cette pratique. Je ne crois même pas que son principe soit établi ; que dire alors de la prescription de la répéter trois fois ! Certaines personnes — et c’est même l’usage répandu dans notre pays — invoquent la bénédiction d’Allah sur le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et disent à celui dont elles redoutent le mauvais œil : « Untel, invoque la bénédiction d’Allah sur le Prophète et ne le jalouse pas. » Cela non plus n’a pas été rapporté et ne doit donc pas être dit. Les pratiques authentiquement établies suffisent amplement. Quant à celui à qui ce qui est établi ne suffit pas, qu’Allah ne lui suffise point.