Al-HawatifIbn Abi al-Dunya

94 - Al-Hasan ibn ‘Alī m’a rapporté ce récit, qu’il tenait d’Ishāq ibn Ibrāhīm ibn Zibrīq, lequel le tenait d’Ibn al-Hārith, qui le tenait de ‘Abd Allah ibn Sālim, d’après al-Zubaydī. Celui-ci a dit : Muhammad ibn Muslim m’a informé :

« Un jour, ‘Umar ibn al-Khattāb dit à ceux qui siégeaient auprès de lui : “Rapportez quelques récits concernant les djinns.”

Un homme dit : “Commandeur des croyants, je partis avec deux compagnons en direction du Shām. Nous capturâmes une gazelle mutilée. Un cavalier nous rejoignit par-derrière — nous étions quatre — et dit : ‘Laisse-la partir.’ Je répondis : ‘Non, par ta vie ! Je ne la laisserai pas partir.’ Il dit : ‘Par Allah, que de fois nous ai-je vus sur cette route, alors que nous étions plus de dix, certains d’entre nous enlevant les autres !’ Ce qui s’était passé me laissa stupéfait, commandeur des croyants, jusqu’à notre halte dans un monastère appelé Dayr al-‘Innīn. Nous en repartîmes avec la gazelle, lorsqu’une voix invisible se fit entendre :

[Mètre rajaz]

Vous, les quatre voyageurs qui filez à vive allure,
Laissez partir cette bête farouche, saisie de frayeur !
⦗87⦘ Épargnez la mutilée : la terre est assez vaste !
Je ne tiens pas les propos d’un menteur sans jugement.

Il poursuivit : Nous la laissâmes donc partir, commandeur des croyants. On saisit alors les rênes de nos montures et l’on nous conduisit vers un important campement, où l’on nous apporta à manger et à boire. Nous poursuivîmes ensuite notre route jusqu’au Shām, où nous réglâmes nos affaires, puis nous revînmes. Arrivés à l’endroit vers lequel on nous avait conduits, nous ne trouvâmes qu’une terre déserte, sans aucun voyageur. J’eus alors la certitude, commandeur des croyants, qu’il s’agissait d’une tribu de djinns. Je repris la route du monastère, lorsqu’une voix invisible se fit entendre :

Prends garde, ne te hâte pas ; tiens ces paroles d’un homme digne de foi.
Je marche d’un pas résolu au jour de la course épuisante.
Un astre a paru et s’est dressé à son levant,
Sa queue est semblable à une flamme ardente.
Il surgit des ténèbres d’une détresse funeste.
Je suis un homme dont les annonces sont confirmées.

Je revins, commandeur des croyants, et voici que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — était apparu et appelait à l’islam. Je me convertis alors à l’islam.”

Un homme dit : “Moi aussi, commandeur des croyants, je partis avec un compagnon pour régler une affaire. Nous aperçûmes une silhouette montée. Lorsqu’elle fut à la distance où l’on peut chasser un chien d’un cri, elle lança de toute sa voix :

Ô Ahmad ! Ô Ahmad !
Allah est plus haut et plus glorieux !
Muhammad est venu à nous
Avec une religion qui proclame l’unicité d’Allah.
Il appelle les hommes au bien ;
Dirige-toi donc vers lui !

⦗88⦘ Cela nous effraya. Une voix lui répondit alors sur sa gauche :

Il a tenu sa promesse de fendre la lune !
Allah est plus grand ! Le Prophète est apparu !

Je revins, et voici que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — était apparu et appelait à l’islam. Je me convertis alors à l’islam.”

‘Umar dit : “Quant à moi, je me trouvais auprès d’une bête qu’ils égorgeaient, lorsqu’une voix s’éleva de ses entrailles : ‘Ô Dhurayh ! Ô Dhurayh ! Un héraut proclame un message de salut et une voie de droiture qui mène au succès. Il dit : Nulle divinité n’est digne d’adoration en dehors d’Allah.’ Je me mis alors en route, et c’était le moment où le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — venait d’apparaître et d’appeler à l’islam. Je me convertis alors à l’islam.”

Khuraym ibn Fātik dit : “Moi aussi, j’avais perdu des chameaux et j’étais parti à leur recherche. Arrivé à Abraq al-‘Azzāf, je fis agenouiller ma monture, puis je l’entravai. Je me mis ensuite à dire : ‘Je cherche refuge auprès du maître de cette vallée ! Je cherche refuge auprès du puissant de cette vallée !’ Puis je posai la tête sur mon chameau. Une voix s’éleva alors dans la nuit :

Cherche donc refuge auprès d’Allah, le Détenteur de la majesté,
Puis récite des versets de la sourate al-Anfāl, Le Butin.
Proclame l’unicité d’Allah et ne te soucie pas
Des terreurs dont les djinns cherchent à t’épouvanter.

Je me réveillai en sursaut et dis :

[Mètre rajaz]

Ô toi dont j’entends la voix, que dis-tu ?
Apportes-tu la droiture ou l’égarement ?

Il me répondit :

Voici le Messager d’Allah, porteur de bienfaits,
Qui appelle à Yathrib les hommes au salut,
⦗89⦘ Les détourne des fautes
Et leur prescrit le jeûne et la prière.

Ses paroles touchèrent mon cœur. Je me levai, déliai l’entrave de mon chameau, puis me mis en selle et dis :

Guide-moi donc vers la droiture, puisses-tu être guidé !
Puisses-tu, ta vie durant, ne connaître ni faim ni nudité !
Explique-moi la voie droite qui t’a été accordée.

Il me répondit :

Qu’Allah t’accompagne et te garde sain et sauf,
Qu’Il augmente ta récompense ; mène ton équipage à bon port.
Crois en lui, que mon Seigneur t’accorde la réussite !
Et jusqu’à la mort, apporte-lui ton soutien.

Il poursuivit : Je lui demandai : ‘Qui es-tu ?’ Il répondit : ‘Je suis Mālik ibn Mālik, le chef des habitants du Najd. Je me suis rendu auprès du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, j’ai cru en lui et j’ai embrassé l’islam auprès de lui. Il m’a envoyé aux djinns du Najd pour les appeler à adorer Allah, Puissant et Majestueux, et à Lui obéir. Rejoins-les donc, Khuraym, et crois en lui. Quant à tes chameaux, tu n’as plus à t’en soucier : ils te rejoindront auprès des tiens.’

Il poursuivit : Je partis donc jusqu’à Médine. J’y arrivai un vendredi et trouvai le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — en train de prononcer le sermon sur la chaire. Je me dis : ‘Je ferai agenouiller ma monture à la porte de la mosquée ; lorsqu’il aura achevé la prière, j’entrerai et lui raconterai ce qui s’est passé.’ À peine avais-je fait agenouiller ma monture qu’Abū Dharr sortit à ma rencontre et me dit : ‘Khuraym, sois le bienvenu ! Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — m’a envoyé vers toi avec ces paroles : ‹ Sois le bienvenu ! J’ai appris ta conversion à l’islam. Entre et prie avec les gens. ›’

J’entrai donc et priai avec les gens. Puis je me rendis auprès de lui et lui racontai ce qui s’était passé. Il me dit : ‘Ton compagnon a bien tenu sa promesse envers toi. Il a fait parvenir tes chameaux, et ils sont ⦗90⦘ chez toi.’” »

٩٤ - حَدَّثَنِي الْحَسَنُ بْنُ عَلِيٍّ، حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ بْنِ زِبْرِيقٍ، حَدَّثَنِي ابْنُ الْحَارِثِ، حَدَّثَنِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ سَالِمٍ، عَنِ الزُّبَيْدِيِّ، أَخْبَرَنِي مُحَمَّدُ بْنُ مُسْلِمٍ «أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ قَالَ يَوْمًا لِمَنْ حَضَرَ مِنْ جُلَسَائِهِ: اذْكُرُوا شَيْئًا مِنْ حَدِيثِ الْجِنِّ فَقَالَ رَجُلٌ: يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ، خَرَجْتُ وَصَاحِبَانِ لِي نُرِيدُ الشَّامَ فَأَصَبْنَا ظَبْيَةً عَضْبَاءَ فَأَدْرَكَنَا رَاكِبٌ مِنْ خَلْفِنَا وَكُنَّا أَرْبَعَةً فَقَالَ: خَلِّ سَبِيلَهَا فَقُلْتُ: لَا لَعَمْرُكَ لَا أُخَلِّي سَبِيلَهَا قَالَ: فَوَاللَّهِ لَرُبَّمَا رَأَيْتُنَا فِي هَذِهِ الطَّرِيقِ وَنَحْنُ أَكْثَرُ مِنْ عَشَرَةٍ فَيَخْطَفُ بَعْضُنَا بَعْضًا فَأَذْهَلَنِي مَا كَانَ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ حَتَّى نَزَلْنَا دَيْرًا يُقَالُ لَهُ دَيْرُ الْعِنِّينِ فَارْتَحَلْنَا وَهِيَ مَعَنَا فَإِذَا هَاتِفٌ يَهْتِفُ يَقُولُ: [البحر الرجز] يَا أَيُّهَا الرَّكْبُ السِّرَاعُ الْأَرْبَعَهْ ... خَلُّوا سَبِيلَ النَّافِرِ الْمُرَوَّعَهْ ⦗٨٧⦘ مَهْلًا عَنِ الْعَضْبَا فَفِي الْأَرْضِ سَعَهْ ... وَلَا أَقُولُ قَوْلَ كَذُوبٍ إِمَّعَهْ. قَالَ: فَخَلَّيْنَا سَبِيلَهَا يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ فَعُرِضَ لِأَزِمَّةِ رِكَابِنَا فَأُمِيلَ بِنَا إِلَى حَيٍّ عَظِيمٍ فَأُمِيلَ عَلَيْنَا طَعَامٌ وَشَرَابٌ ثُمَّ مَضَيْنَا حَتَّى أَتَيْنَا الشَّامَ وَقَضَيْنَا حَوَائِجَنَا ثُمَّ رَجَعْنَا حَتَّى إِذَا كُنَّا بِالْمَكَانِ الَّذِي مِيلَ بِنَا إِلَيْهِ إِذَا أَرْضٌ قَفْرٌ لَيْسَ بِهَا سَفْرٌ فَأَيْقَنْتُ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ أَنَّهُمْ حَيٌّ مِنَ الْجِنِّ فَأَقْبَلْتُ سَائِرًا إِلَى الدَّيْرِ فَإِذَا هَاتِفٌ يَهْتِفُ: إِيَّاكَ لَا تَعْجَلْ وَخُذْهَا عَنْ ثِقَهْ ... أَسِيرُ سَيْرَ الْجِدِّ يَوْمَ الْحَقْحَقَهْ قَدْ لَاحَ نَجْمٌ وَاسْتَوَى بِمَشْرِقِهْ ... ذُو ذَنَبٍ كَالشُّعْلَةِ الْمُحَرَّقَهْ يَخْرُجُ مِنْ ظَلْمَاءَ عُسْرٍ مُوبِقَهْ ... إِنِّي امْرُؤٌ أَنْبَاؤُهُ مُصَدَّقَهْ فَأَقْبَلْتُ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ فَإِذَا النَّبِيُّ ﷺ قَدْ ظَهَرَ وَدَعَا إِلَى الْإِسْلَامِ فَأَسْلَمْتُ، قَالَ رَجُلٌ: وَأَنَا يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ خَرَجْتُ أَنَا وَصَاحِبٌ لِي نُرِيدُ حَاجَةً لَنَا فَإِذَا شَخْصٌ رَاكِبٌ حَتَّى إِذَا كَانَ مِنَّا عَنْ مَزْجَرِ الْكَلْبِ هَتَفَ بِأَعْلَى صَوْتِهِ: يَا أَحْمَدُ يَا أَحْمَدْ ... اللَّهُ أَعْلَى وَأَمْجَدْ مُحَمَّدٌ أَتَانَا ... بِمِلَّةٍ تُوَحِّدْ يَدْعُو الْمَلَا لِخَيْرٍ ... ثُمَّ إِلَيْهِ فَاعْمَدْ ⦗٨٨⦘ فَرَاعَنَا ذَلِكَ فَأَجَابَهُ صَوْتٌ عَنْ يَسَارِهِ: أَنْجَزَ مَا وَعَدَ مِنْ شَقِّ الْقَمَرْ اللَّهُ أَكْبَرُ النَّبِيُّ قَدْ ظَهَرْ. فَأَقْبَلْتُ فَإِذَا النَّبِيُّ ﷺ قَدْ ظَهَرَ وَدَعَا إِلَى الْإِسْلَامِ فَأَسْلَمْتُ فَقَالَ عُمَرُ: أَنَا كُنْتُ عِنْدَ ذَبْحٍ لَهُمْ إِذْ هَتَفَ هَاتِفٌ مِنْ جَوْفِهِ يَالَذُرَيْحٍ يَالَذُرَيْحٍ صَائِحٌ يَصِيحُ بِأَمْرٍ فَلِيحٍ وَرُشْدٍ نَجِيحٍ يَقُولُ: لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ فَأَقْبَلْتُ فَإِذَا النَّبِيُّ ﷺ حِينَ ظَهَرَ وَدَعَا إِلَى الْإِسْلَامِ فَأَسْلَمْتُ، وَقَالَ خُرَيْمُ بْنُ فَاتِكٍ: وَأَنَا أَضْلَلْتُ إِبِلًا لِي فَخَرَجْتُ فِي طَلَبِهِنَّ حَتَّى كُنْتُ بِأَبْرَقِ الْعَزَّافِ فَأَنَخْتُ رَاحِلَتِي ثُمَّ عَقَلْتُهَا ثُمَّ أَنْشَأْتُ أَقُولُ: أَعُوذُ بِسَيِّدِ هَذَا الْوَادِي أَعُوذُ بِعَظِيمِ هَذَا الْوَادِي ثُمَّ وَضَعْتُ رَأْسِي عَلَى جَمَلِي فَإِذَا هَاتِفٌ مِنَ اللَّيْلِ يَهْتِفُ وَيَقُولُ: أَلَا فَعُذْ بِاللَّهِ ذِي الْجَلَالِ ... ثُمَّ اقْرَأْ آيَاتٍ مِنَ الْأَنْفَالِ وَوَحِّدِ اللَّهَ وَلَا تُبَالِ ... مَا هَوَّلُ الْجِنُّ مِنَ الْأَهْوَالِ فَانْتَبَهْتُ فَزِعًا فَقُلْتُ: [البحر الرجز] يَا أَيُّهَا الْهَاتِفُ مَا تَقُولُ ... أَرُشْدٌ عِنْدَكَ أَمْ تَضْلِيلُ فَأَجَابَنِي: هَذَا رَسُولُ اللَّهِ ذُو الْخَيْرَاتِ ... بِيَثْرِبٍ يَدْعُو إِلَى النَّجَاةِ ⦗٨٩⦘ وَيَزَعُ النَّاسَ عَنِ الْهَنَاتِ ... يَأْمُرُ بِالصَّوْمِ وَبِالصَّلَاةِ فَوَقَعَ قَوْلُهُ فِي قَلْبِي فَقُمْتُ إِلَى جَمَلِي فَحَلَلْتُ عِقَالَهُ ثُمَّ اسْتَوَيْتُ عَلَيْهِ وَقُلْتُ: فَأَرْشِدَنِّي رُشْدًا هُدِيتَا ... لَا جُعْتَ مَا عِشْتَ وَلَا عَرِيتَا بَيِّنْ لِيَ الرُّشْدَ الَّذِي أُوتِيتَا فَأَجَابَنِي: صَاحَبَكُ اللَّهُ وَسَلَّمَ نَفْسَكَا ... وَعَظَّمَ الْأَجْرَ وَأَدِّ رَحْلَكَا آمِنْ بِهِ أَفْلَحَ رَبِّي كَعْبَكَا ... وَابْذَلْ لَهُ حَتَّى الْمَمَاتِ نَصْرَكَا قَالَ: فَقُلْتُ: مَنْ أَنْتَ؟ قَالَ: أَنَا مَالِكُ بْنُ مَالِكٍ سَيِّدُ أَهْلِ نَجْدٍ أَتَيْتُ النَّبِيَّ ﷺ فَآمَنْتُ بِهِ وَأَسْلَمْتُ عَلَى يَدَيْهِ وَأَرْسَلَنِي إِلَى جِنِّ نَجْدٍ أَدْعُوَهُمْ إِلَى عِبَادَةِ اللَّهِ ﷿ وَطَاعَتِهِ فَالْحَقْ بِهِمْ يَا خُرَيْمُ وَآمِنْ بِهِ فَأَمَّا إِبِلُكَ فَقَدْ كُفِيتَهَا حَتَّى تَأْتِيَكَ فِي أَهْلِكَ قَالَ: فَانْطَلَقْتُ حَتَّى أَتَيْتُ الْمَدِينَةَ وَجِئْتُ يَوْمَ الْجُمُعَةِ فَوَافَيْتُ النَّبِيَّ ﷺ وَهُوَ يَخْطُبُ عَلَى الْمِنْبَرِ فَقُلْتُ: أَنُيِخُ بِبَابِ الْمَسْجِدِ فَإِذَا صَلَّى دَخَلْتُ فَأَخْبَرْتُهُ الْخَبَرَ فَلَمَّا أَنَخْتُ رَاحِلَتِي إِذَا أَبُو ذَرٍّ قَدْ خَرَجَ لِي فَقَالَ: يَا خُرَيْمُ مَرْحَبًا بِكَ النَّبِيُّ ﷺ بَعَثَنِي إِلَيْكَ وَهُوَ يَقُولُ:» مَرْحَبًا قَدْ بَلَغَنِي إِسْلَامُكَ ادْخُلْ فَصَلِّ مَعَ النَّاسِ «فَدَخَلْتُ فَصَلَّيْتُ مَعَ النَّاسِ ثُمَّ أَتَيْتُهُ فَأَخْبَرْتُهُ الْخَبَرَ فَقَالَ:» قَدْ وَفَّى لَكَ صَاحِبُكَ وَقَدْ بَلَّغَ لَكَ الْإِبِلَ وَهِيَ ⦗٩٠⦘ بِمَنْزِلِكَ "

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