70 - Abū al-Khattāb Ziyād ibn Yahyā m’a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Bakr al-Sahmī m’a rapporté : Rajā’ ibn Sufyān m’a rapporté :
« Sous le règne de ‘Abd al-Malik ibn Marwān vivait un homme que celui-ci avait effrayé. Il s’était mis à errer à travers le pays, sans que personne lui offre refuge. Au cours ⦗68⦘ de ses errances, il rencontra un homme qui priait dans une fosse ou dans une vallée. Voyant qu’il prolongeait sa prière, il se sentit en confiance auprès de lui. Il s’approcha, se tint derrière lui, accomplit deux unités de prière, puis s’assit. L’autre continua de prier, puis se tourna vers lui et lui demanda :
— Ô serviteur d’Allah, qui es-tu, ou qu’es-tu ?
— Je suis un homme parmi les gens. Le calife m’a effrayé et chassé ; personne ne m’offre refuge, et je suis un vieillard, comme tu le vois.
— Et les sept formules, n’y as-tu pas songé ?
— Quelles sont ces sept formules, qu’Allah te fasse miséricorde ?
— Elles consistent à dire :
“Gloire à l’Un, l’Unique, en dehors de qui il n’est aucune divinité ! Gloire à Celui qui demeure à jamais et ne connaît pas de fin ! Gloire à Celui qui est de toute éternité et n’a pas de commencement ! Gloire à Allah, qui donne la vie et la mort ! Gloire à Allah : chaque jour, Il accomplit une œuvre ! Gloire à Allah, qui a créé ce qui se voit et ce qui ne se voit pas ! Gloire à Celui qui sait toute chose sans avoir reçu d’enseignement ! Ô Allah, je Te demande, par le droit attaché à ces paroles et par leur caractère sacré, de m’accorder telle et telle chose.”
L’homme raconta : “Il me les répéta jusqu’à ce que je les aie mémorisées.”
Il ne retrouva alors plus son compagnon à l’endroit où il se tenait, et un sentiment de sécurité emplit son cœur. Il repartit dans cet état et parvint jusqu’à ‘Abd al-Malik. Il demanda l’autorisation d’entrer auprès de lui, et celui-ci la lui accorda. En le voyant, il lui dit :
— As-tu donc aussi appris la sorcellerie pour t’en servir contre moi ?
— Non, par Allah, ô Commandeur des croyants ! Je n’ai appris aucune sorcellerie contre toi, mais voici ce qui m’est arrivé.
Il lui raconta alors ce qui s’était passé. ‘Abd al-Malik lui accorda une récompense et lui fit don de vêtements. »