57 — Muhammad ibn al-Muthannā m’a également rapporté : Toujours d’après le livre de mon grand-père, al-Kalbī nous a rapporté « qu’un homme mourut à Médine et que son père en fut profondément bouleversé. Celui-ci reçut en rêve cette instruction : “Va sur la tombe de ton fils et fais-lui tes adieux.” Il partit à pied jusqu’à sa tombe. Comme il composait des vers, ces paroles lui vinrent aux lèvres :
[Mètre rajaz]
“Ô toi qui reposes dans cette tombe aplanie,
Tu as éveillé mon chagrin à la pensée de ta lente décomposition,
Une longue peine où se présentent les épreuves passées :
Les affres de la mort et l’angoisse qui t’a rongé,
Et l’étreinte de la tombe, avec les souffrances qu’elle inflige.”
L’homme s’éloigna alors, mais une voix l’interpella derrière lui :
“Écoute, que je te raconte ce qui est advenu,
Une nouvelle plus claire que la lumière du matin,
Au sujet des affres de la mort, du souci désormais dissipé,
Et du soulagement qui lui est venu après l’agrément reçu
Pour avoir jadis professé l’unicité d’Allah.
Il en a fermement retenu et conservé une large part.
Les jardins du Paradis, séjour de faveur pour ce jeune homme,
Où il réclame des fruits mûrs au gré de ses désirs.”
Puis la voix s’éteignit et l’homme repartit. Dès lors, jusqu’à sa mort, son fils ne lui revint plus à l’esprit. »