55 — Sa‘īd ibn Yahyā al-Umawī m’a rapporté : J’ai entendu mon père rapporter, d’après Abū Bakr ibn ‘Ayyāsh, le récit d’un fossoyeur qui vivait parmi les Banū Asad. Il ajouta : Je passai ensuite auprès de ce fossoyeur, qui me raconta la même chose qu’Abū Bakr m’avait rapportée de lui :
« ⦗57⦘ Un compagnon et moi nous relayions la nuit pour garder les tombes des gens d’Asad, dans le cimetière. J’entendis alors une voix demander : “À qui est cette tombe, ô ‘Abd Allāh ?”
Une autre répondit : “Qu’y a-t-il, Jābir ?”
— Demain, notre mère viendra nous rejoindre.
— À quoi cela nous servira-t-il ? Elle ne nous rejoindra pas : mon père est en colère contre elle et a juré de ne pas accomplir la prière funéraire sur elle.
Ils répétèrent ces paroles à plusieurs reprises. J’allai chercher mon compagnon. Il entendait la voix sans comprendre les paroles ; je les lui répétai, et il parvint alors à les comprendre.
Le lendemain, un homme vint me dire : “Creuse-moi une tombe ici”, entre les deux tombes d’où j’avais entendu les paroles. Je lui demandai : “Celui-ci s’appelle Jābir et celui-là ‘Abd Allāh ?” Il répondit : “Oui.” Je lui racontai ce que j’avais entendu. Il dit : “Oui, j’avais bien juré de ne pas accomplir la prière funéraire sur elle. Assurément, j’expierai mon serment, j’accomplirai cette prière sur elle et j’implorerai pour elle la miséricorde d’Allah.”
Plus tard, il passa près de moi, appuyé sur une canne et portant une petite outre. Il me dit : “Je compte creuser à l’emplacement de cette source qui m’appartient.” »