40 - Muhammad ibn al-Husayn m’a rapporté : Dāwūd ibn al-Muhabbar m’a rapporté : Sawāda ibn Abī al-Aswad m’a rapporté qu’Abū Khalīfa al-‘Abdī avait dit :
« Un de mes jeunes fils mourut. J’en éprouvai un chagrin si profond que j’en perdis le sommeil. Par Allah ! Une nuit, alors que j’étais chez moi, sur mon lit, seul dans la maison et songeant à mon fils, une voix m’interpella depuis un coin de la demeure :
— Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous, ô Abū Khalīfa !
Je répondis :
— Et sur toi la paix et la miséricorde d’Allah !
Je fus saisi d’une grande terreur. Il chercha alors refuge auprès d’Allah, puis récita des versets de la fin de la sourate La Famille de ‘Imrān, jusqu’à parvenir à ce verset : “Et ce qui se trouve auprès d’Allah est meilleur pour les vertueux.” [La Famille de ‘Imrān : 198]
Puis il dit :
— Ô Abū ⦗49⦘ Khalīfa !
— Me voici ! répondis-je.
— Que veux-tu ? Veux-tu, à l’exclusion des autres, avoir le privilège de voir ton enfant rester en vie ? Es-tu plus cher à Allah que Muhammad — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix ? Son fils Ibrāhīm est mort, et il a dit : “L’œil verse des larmes et le cœur s’attriste, mais nous ne disons rien qui provoque le courroux du Seigneur.” Ou veux-tu que ton enfant soit soustrait à la mort, alors qu’Allah l’a décrétée pour toutes les créatures ? Que veux-tu donc ? Veux-tu t’irriter contre Allah pour la manière dont Il gouverne Ses créatures ? Par Allah, sans la mort, la terre ne pourrait toutes les contenir ; et sans le chagrin, les créatures ne trouveraient aucun agrément à vivre.
Puis il demanda :
— As-tu besoin de quelque chose ?
— Qui es-tu, qu’Allah te fasse miséricorde ? demandai-je.
— Un de tes voisins parmi les djinns. »