154 - Ibrāhīm ibn Muhammad m’a rapporté : al-Hasan ibn ʿArafa m’a rapporté : mon père, ʿArafa ibn Yazīd, m’a rapporté, d’après Abū al-Ashyam al-ʿAbdī — que j’ai rencontré à Mossoul —, qui a dit :
« Un homme sortit au cœur de la nuit et se rendit aux abords de Koufa. Il aperçut alors une sorte de trône, entouré d’une foule qui faisait cercle autour de lui. L’homme se dissimula pour les observer. Un être arriva et s’assit sur ce trône, puis demanda, assez fort pour que l’homme l’entende : “Comment pourrais-je me saisir de ʿUrwa ibn al-Mughīra ?” Un individu se leva parmi cette foule et répondit : “Je m’en charge pour toi.” Il lui ordonna : “Amène-le-moi sur-le-champ !”
L’individu se dirigea vers la ville et resta longtemps absent. Puis il revint, se tint devant lui et déclara : “Je n’ai aucun moyen d’atteindre ʿUrwa ibn al-Mughīra.” Celui qui était sur le trône demanda : “Pourquoi ?” Il répondit : “Parce qu’il prononce certaines paroles matin et soir ; je n’ai donc aucun moyen de l’atteindre.”
La foule se dispersa et l’homme rentra chez lui. Au matin, il se rendit à al-Kunāsa, acheta un chameau, puis se mit en route jusqu’à la ville. Il y rencontra ʿUrwa ibn al-Mughīra et lui demanda quelles paroles il prononçait matin et soir, après lui avoir raconté ce qui s’était passé. Celui-ci répondit : “Pour ma part, je dis matin et soir, à trois reprises : ‘J’ai foi en Allah, je renie le jibt et le tāghūt, et je m’attache fermement à l’anse la plus solide, qui ne peut se rompre. Allah entend tout et sait tout.’” »