‘Īsā ibn ‘Abd Allāh al-Tamīmī nous a rapporté : Fuhayr ibn Ziyād al-Asadī m’a informé, d’après Mūsā ibn Wardān, d’après al-Kalbī — qui n’est pas l’auteur du commentaire coranique —, d’après al-Hasan, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit :
« Un homme parmi les Compagnons du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — portait le surnom d’Abū Mi‘laq. Commerçant, il parcourait les contrées en faisant fructifier ses biens et ceux d’autrui. Il effectuait ses pesées avec justesse et scrupule.
Un jour qu’il était parti en voyage, un brigand bardé d’armes lui barra la route et lui dit : “Dépose ce que tu as avec toi, car je vais te tuer !” Il répondit : “Pourquoi vouloir me tuer ? Prends donc les biens !” Le brigand répliqua : “Les biens sont à moi de toute façon, mais c’est bien ta vie que je veux !” Il lui dit : “Puisque tu refuses de m’épargner, laisse-moi accomplir quatre unités de prière.” Le brigand répondit : “Prie autant que tu voudras.”
Il fit ses ablutions, puis accomplit quatre unités de prière. Lors de sa dernière prosternation, il prononça notamment cette invocation : “Ô Très-Aimant ! Ô Maître du Trône glorieux ! Ô Toi qui accomplis tout ce que Tu veux ! Je Te demande, par Ta puissance que nul ne peut ébranler, par Ta souveraineté à laquelle nul ne peut porter atteinte ⦗31⦘ et par Ta lumière qui emplit les recoins de Ton Trône, de me préserver du mal de ce brigand. Ô Toi qui portes secours, secours-moi ! Ô Toi qui portes secours, secours-moi !” — trois fois.
Il répéta cette invocation trois fois. Voici alors qu’un cavalier s’avança, une lance à la main, pointée entre les oreilles de son cheval. Lorsque le brigand l’aperçut, le cavalier se précipita vers lui, le transperça et le tua. Puis il se tourna vers le commerçant et lui dit : “Lève-toi !” Celui-ci demanda : “Qui es-tu ? Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Allah m’a porté secours aujourd’hui par ton intermédiaire.”
Il répondit : “Je suis un ange du quatrième ciel. À ta première invocation, j’ai entendu les portes du ciel retentir. À ta deuxième invocation, j’ai entendu une clameur parmi les habitants du ciel. Puis, à ta troisième invocation, on m’a dit : ‘C’est l’invocation d’un homme dans la détresse.’ J’ai alors demandé à Allah, le Très-Haut, de me charger de tuer ce brigand.” »
Anas dit : « Sache donc que quiconque fait ses ablutions, accomplit quatre unités de prière et prononce ⦗32⦘ cette invocation sera exaucé, qu’il soit ou non dans la détresse. »