121 — ‘Abd al-Rahmān ibn Sālih al-Azdī nous a rapporté : Abū Usāma nous a rapporté, d’après Mis‘ar, d’après Ma‘n, d’après ‘Awn ibn ‘Abd Allāh, qui a dit :
« Pendant les troubles d’Ibn al-Zubayr, un homme se trouvait dans un jardin, en Égypte. Accablé de soucis et de tristesse, il grattait la terre avec un objet qu’il tenait, lorsqu’un vieillard muni d’une houe se présenta à lui et lui demanda : “Pourquoi te vois-je si soucieux et si triste ?” L’homme leva la tête et, à sa vue, sembla le regarder avec dédain. Il répondit : “Ce n’est rien.”
Le vieillard à la houe lui dit : “Est-ce pour ce bas monde ? Ce bas monde n’est qu’un bien immédiatement accessible, dont se nourrissent aussi bien le vertueux que le pervers. L’au-delà, lui, est une échéance certaine : un Roi puissant y rendra Son jugement et tranchera entre le vrai et le faux.” Il alla jusqu’à évoquer des points de séparation comparables aux jointures dans la viande : quiconque en manque un manque la vérité.
En l’entendant parler ainsi, l’homme parut apprécier ses propos et lui dit : “Ce qui me préoccupe, c’est la situation des musulmans.” Le vieillard répondit : “Allah te préservera en raison de ta compassion envers les musulmans. Et demande-Lui ! Qui donc Lui a demandé sans qu’Il lui donne, L’a invoqué sans qu’Il lui réponde, s’en est remis à Lui sans qu’Il lui suffise, ou Lui a fait confiance sans qu’Il le sauve ?”
L’homme raconta : “Je me mis alors à répéter : ‘Ô Allah, préserve-moi et préserve les autres de moi !’ Les troubles se dissipèrent sans que j’y subisse le moindre mal.”
Mis‘ar dit : “On pense qu’il s’agissait d’al-Khidr, que la paix soit sur lui.” »