110 - Abū Bakr Muhammad ibn Ahmad ibn al-Sakan nous a rapporté : Muhammad ibn Ziyād ibn Zabbār al-Kalbī nous a rapporté : al-‘Alā’ ibn Burd ibn Sinān nous a rapporté, d’après al-Fadl ibn Habīb al-Sarrāj, d’après Mujālid, d’après ⦗105⦘ al-Sha‘bī, d’après al-Nadr ibn ‘Amr al-Hārithī, qui a dit :
« À l’époque de l’ignorance préislamique, il y avait une mare près de chez nous. J’envoyai ma fille y chercher de l’eau avec une écuelle. Comme elle tardait à revenir, nous nous mîmes à sa recherche, mais en vain. Nous finîmes par nous résigner à son absence.
Par Allah, une nuit, alors que j’étais assis devant mon abri, je vis une silhouette venir vers moi. Lorsqu’elle s’approcha, je reconnus ma fille ! Je lui dis : “Ma fille ?” Elle répondit : “Ta fille.” Je lui demandai : “Où étais-tu, ma petite ?” Elle répondit : “Te souviens-tu de la nuit où tu m’as envoyée à la mare ? Un djinn m’a emportée dans les airs. Je suis restée chez lui jusqu’à ce qu’une guerre éclate entre lui et deux groupes de djinns. Il prit alors envers Allah, le Tout-Puissant, le Majestueux, l’engagement de me ramener auprès de toi s’il remportait la victoire sur eux. Il les vainquit et me ramena auprès de toi.”
Elle avait le teint pâle, ses cheveux étaient tombés et elle avait beaucoup maigri. Elle resta chez nous et retrouva la santé. Ses cousins paternels demandèrent sa main, et nous la mariâmes à l’un d’eux.
Le djinn avait convenu avec elle d’un signal : si quelque chose l’inquiétait, elle ferait de la fumée pour l’appeler. Or, son cousin lui fit ce reproche : “Tu es une djinn, une diablesse ! Tu n’es pas une humaine !” Elle fit alors de la fumée, et une voix interpella son mari : “Que lui veux-tu ? Si je t’avais déjà averti, je t’aurais crevé les yeux ! J’ai veillé sur elle, avant l’islam, par amour, et depuis l’islam, par fidélité à ma religion.”
L’homme lui dit : “Ne pourrais-tu pas te montrer pour que nous te voyions ?” Il répondit : “Cela ne nous est pas accordé. Notre père a demandé pour nous trois choses : que nous voyions sans être vus, que nous vivions entre les couches de la terre et que chacun de nous vive jusqu’à ce que ses genoux atteignent son menton, puis redevienne jeune.”
L’homme lui demanda : “Ne pourrais-tu pas nous indiquer un remède contre la fièvre quarte ?” Il répondit : “Si. As-tu vu cette petite bête sur l’eau, qui ressemble à une araignée ?” — “Oui.” — “Prends-la, puis attache ⦗106⦘ à quelques-unes de ses pattes un fil de laine, et noue-le autour de ton bras gauche.” Il le fit et fut comme délivré de ses liens.
L’homme demanda ensuite : “Ne pourrais-tu pas nous indiquer un remède pour un homme qui désire ce que désirent les femmes ?” Il répondit : “Des hommes ont-ils déjà eu des rapports avec lui ?” — “Oui.” — “S’il ne l’avait pas fait, je t’aurais indiqué un remède.” »