2 – Par chaîne de transmission : Lorsque ʿUmar se rendit en Syrie, Muʿâwiya vint l’accueillir avec un cortège imposant. Lorsqu’il fut à sa hauteur, ʿUmar lui demanda : « Es-tu celui qui parade avec ce magnifique cortège ? » — « Oui, ô Commandeur des croyants. » ʿUmar reprit : « Et pourtant on me rapporte que les gens dans le besoin restent longuement debout à ta porte ! » Muʿâwiya répondit : « Tout ce qu’on t’en rapporte est exact. » — « Et pourquoi agis-tu ainsi ? » demanda ʿUmar. Muʿâwiya expliqua : « Nous vivons dans une contrée où les espions de l’ennemi pullulent ; il nous faut donc afficher la puissance de l’autorité afin de les intimider. Si tu m’ordonnes d’y renoncer, je m’exécute ; si tu m’en empêches, je cesse aussitôt. »
ʿUmar déclara alors : « Ô Muʿâwiya, jamais je ne t’interroge sans que tu ne me laisses comme quelque chose coincé entre les molaires ; si ce que tu dis est vrai, c’est là l’avis d’un homme avisé ; si c’est faux, c’est la ruse d’un lettré. » ⦗20⦘ Muʿâwiya dit : « Ordonne-moi donc, ô Commandeur des croyants ! » ʿUmar répondit : « Je ne t’ordonne rien et ne te l’interdis pas non plus. » Alors un homme s’exclama : « Ô Commandeur des croyants, comme le jeune homme s’est bien tiré de l’épreuve que tu lui as imposée ! » ʿUmar conclut : « Parce qu’il sait aussi bien entrer en matière que s’en retirer, nous endurons de sa part ce que nous endurons. »