20 – Par cette même chaîne, il rapporte : Ibn Aḥwaz al-Tamîmî se présenta devant Muʿâwiya et dit : « Ô Commandeur des croyants, je viens de la part de l’homme le plus vil, le plus avare, le plus inarticulé et le plus lâche de tous. » ⦗25⦘ Muʿâwiya rétorqua : « Malheur à toi ! D’où lui viendrait la bassesse ? Nous disions bien que, si ʿAlî possédait une maison pleine d’or et une autre pleine de paille, il aurait distribué l’or avant même de toucher à la paille ! Misère à toi ! Comment l’accuser d’incohérence, alors que nous affirmions qu’aucun homme de Quraysh, dont la tête eût jamais senti le tranchant d’un rasoir, n’était plus éloquent que ʿAlî ? Malheur à toi ! Comment le traiter de lâche, alors qu’aucun adversaire ne s’est jamais présenté devant lui sans qu’il ne l’ait terrassé ? Par Allah, Ibn Aḥwaz, si la guerre n’était pas faite de ruse, je t’aurais fait trancher la tête. Sors d’ici ; ne demeure pas dans mon pays. » ʿAtâʾ conclut : « Bien qu’il l’ait combattu, Muʿâwiya reconnaissait néanmoins l’excellence de ʿAlî. »