Ibn Abbās a dit : « Ce fut une vision qu’il contempla de ses propres yeux la nuit de son Voyage nocturne — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve —, et non une vision en songe. »
C’est également ce qu’ont affirmé Saīd ibn Jubayr, al-Hasan, Mujāhid, Masrūq, Ibrāhīm, al-Dahhāk, Qatāda, Ibn Jurayj et Ibn Zayd.
Ikrima a dit : « Ce fut une vision à l’état de veille. »
99- Si, comme le soutiennent divers groupes d’adeptes de l’innovation religieuse, parmi lesquels les mutazilites et d’autres, il s’était agi d’une vision en songe, elle n’aurait pas constitué pour les hommes une épreuve telle que certains se mirent à douter et que d’autres apostasièrent de l’islam. Elle n’aurait pas non plus attesté le statut de prophète du Messager — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — ni constitué une preuve de sa mission. En outre, ceux des polythéistes qui rejetèrent cet événement n’auraient pas contesté qu’il disait vrai à ce sujet, puisqu’eux-mêmes, comme tout un chacun, ne nient pas qu’un homme puisse voir en rêve ce qui se trouve à une année de voyage, à plus forte raison à un mois ou moins.
À cela s’ajoute la preuve fournie par le sens manifeste du texte précité, qui n’admet ici aucune interprétation figurée : le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — fut transporté de nuit avec son corps, et non avec son âme seule. Il s’agit de la parole d’Allah — gloire et pureté à Lui — : « Gloire et pureté à Celui qui, de nuit, fit voyager Son serviteur. » Les récits concordants rapportés du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — établissent qu’Allah Très-Haut le transporta de nuit sur une monture appelée al-Burāq. Or, les montures ne portent pas les âmes, mais les corps.